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Le tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) a condamné une habitante de la région de Luneray pour plusieurs cas de conduite en état d’ivresse et pour avoir agressé des pompiers.
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Par Mathieu Te Morsche Publié le 5 sept. 2026 à 6h00
La présidente du tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) met quelques longues minutes à égrener les faits pour lesquels cette habitante de la région de Luneray est jugée ce vendredi 4 septembre 2026. Cette dernière est poursuivie pour 15 faits au total, s’étalant du 16 février 2024 au 25 février 2026. Il lui est reproché de nombreuses conduites sous alcool, mais aussi des dégradations, et même des violences sur des pompiers, le tout en récidive. La prévenue était par ailleurs sans permis depuis janvier 2021 suite à une décision de justice.
Elle agresse des pompiers
Le premier fait, le 16 février 2024, concerne les violences sur trois pompiers. « J’étais chez une amie, on a bu toute la nuit, et au matin, elle a fait un malaise », retrace la femme de 54 ans.
Elle rentre chez elle, à deux pas de là, et appelle les pompiers. Lorsqu’ils arrivent, elle se montre très agressive : « Pourquoi ils voulaient rentrer chez moi ? J’étais agressive dans le sens où je voulais qu’ils aillent voir mon amie », affirme la prévenue, qui s’excuse pour son comportement. Un pompier reçoit notamment une claque sur le bras, et un autre dit avoir reçu un coup.
Ensuite, en décembre 2024, les gendarmes de Luneray sont appelés par un restaurateur qui se plaint qu’une femme alcoolisée accoste les gens devant son établissement.
À l’arrivée des agents, la prévenue est attablée. Elle repart plus tard dans son véhicule et grille un Stop. Elle ne s’arrête pas à la demande des agents, et ces derniers voient alors que son permis est suspendu depuis 2021.
Elle roule alcoolisée
Deux mois plus tard, en février 2025, elle repart du domicile de son ex-mari en étant alcoolisée. Ce dernier appelle les gendarmes, qui la retrouvent. Une bouteille d’alcool repose sur le siège passager. Elle refuse l’éthylotest. Alors que les gendarmes sont avec elle, elle referme soudainement la portière et s’enfuit en accélérant.
En septembre 2025, à Vénestanville, elle fait des tonneaux avec sa voiture. Aux pompiers qui sont venus lui porte secours, elle dit qu’elle cherchait à se suicider.
Elle roulait alors avec 1,75 g d’alcool par litre de sang. En novembre de la même année, elle dégrade le portail de chez ses parents avec son véhicule.
« J’en ai marre »
Enfin le dernier épisode pour lequel elle est jugée date du 25 février 2026. Une altercation éclate au supermarché à Luneray avec une autre femme. Sur le parking, la prévenue percute la voiture de l’autre personne. Elle est alors contrôlée avec 1,93 g d’alcool par litre de sang.
Tous ces faits, la femme aux huit condamnations les reconnaît à la barre, en larmes, mais dit ne pas se souvenir de tout. « J’en ai marre, faut que j’arrête les conneries », sanglote-t-elle, ajoutant qu’elle a arrêté l’alcool depuis peu.
La présidente lui rappelle que depuis son placement sous contrôle judiciaire, le 26 mars dernier, elle a l’obligation de suivre des soins en addictologie. « Pourquoi vous n’avez pas arrêté avant ? interroge la juge. Est-ce que vous vous rendez compte ? Pour vos enfants, à un moment, il faut arrêter et pourtant ça continue. Vous êtes un danger pour vous-même et pour les autres. »
Un an sous bracelet
La substitut de la procureure de la République estime que « la Justice lui a laissé plusieurs chances, et malgré tout ça, elle recommence ».
Elle requiert au total 14 mois d’emprisonnement ferme, et six mois assortis d’un sursis probatoire. L’avocat de la prévenue estime que la détention « ne va pas aider » sa cliente, et conteste par ailleurs les faits de refus d’obtempérer.
Le tribunal condamne la prévenue à une peine ferme totale de 12 mois d’emprisonnement, et à huit mois assortis d’un sursis probatoire, avec obligation de soins, de repasser le permis, de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Elle effectuera la partie ferme sous bracelet électronique, et doit payer 200 € à chaque pompier ainsi que 200 € au Service départemental d’incendie et de secours. Son véhicule est confisqué.
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