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C'était leur troisième échange depuis le début du mouvement, mais la rencontre de ce jeudi entre le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray et les organisations lycéennes n'a pas permis d'avancée notable.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 21:15 | mis à jour aujourd'hui à 21:51 - Temps de lecture :
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray et les organisations lycéennes n'ont pas fait d'avancée notable ce jeudi, pour leur troisième échange depuis le début du mouvement, alors que les blocages d'établissements et les manifestations ont continué contre les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
La réunion entre Édouard Geffray et les organisations lycéennes, en visioconférence, a même semblé figer les positions, alors que les vacances scolaires débutent vendredi. « Nous avons quitté la réunion [au bout d'une heure, NDLR] parce que nous n'étions pas écoutés et on nous annonce une nouvelle réunion lundi à laquelle nous ne nous rendrons pas, tout simplement parce que ça ne sert à rien [...] la mobilisation va aussi continuer pendant les vacances et à la rentrée aussi », a expliqué Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne.
« On ne s'attendait à rien, et on est quand même déçus »
L'USL a également annoncé vouloir désormais échanger directement avec Matignon, plutôt que le ministère de l'Éducation. Même son de cloche pour le syndicat Les Lycéens!, qui, comme l'USL, a de nouveau appelé les lycéens à manifester aux côtés des divers mécontents (gilets jaunes, agriculteurs) le samedi 17 octobre. « On ne s'attendait à rien, et on est quand même déçus », a lâché Louis Letoublon, vice-président de Les Lycéens!. « On va maintenant s'adresser à Matignon au Premier ministre qui a fait un certain nombre d'annonces sur d'autres sujets importants », a-t-il ajouté. Nathanaël Combary, président de Renouveau lycéen et adhérent du parti Renaissance, souhaite lui « deux avancées très claires : des États généraux pour la refonte complète de Parcoursup, et un plan national pour le bâti scolaire ».
De son côté, Édouard Geffray a mis en avant les actions menées, avec notamment les 3 000 professeurs remplaçants annoncés à l'issue de la précédente réunion avec les syndicats, qui permettent ce jeudi soir de ne plus comptabiliser que « 41 établissements » en grandes difficultés, contre 114 jeudi dernier. Concernant Parcoursup, des mesures concrètes « seront communiquées d'ici fin octobre », a rappelé Édouard Geffray.
Le gouvernement table sur les vacances scolaires pour provoquer l'essoufflement du mouvement dans les 3700 lycées du pays, mais des organisations de jeunesse appellent à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes contre la vie chère. Photo Sipa/Ugo Amez
Dans la matinée, le ministre s'était rendu au lycée Les Iris à Lormont, près de Bordeaux, en partie saccagé le 8 octobre, avec des dégâts estimés par la région à au moins 250 000 euros. « Les gens qui font ça [...], c'est des criminels. Tenez bon ! », a lancé le ministre, avant de remercier les personnels qui ont « sauvé des jeunes », mais « aussi des adultes ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé la transformation du « mouvement lycéen » en « un mouvement de violences urbaines », qui fait « injure d'ailleurs aux lycéens » qui ont voulu témoigner de leur « angoisse » et « mécontentement », ou « demander des choses ».
Ce keudi, la mobilisation s'est poursuivie un peu partout, alors que les syndicats étudiants ont appelé à se joindre à la journée de mobilisation programmée samedi 17 octobre. Des manifestations spontanées, réunissant plusieurs centaines de personnes, ont démarré en début d'après-midi, à Bordeaux, Lille et à Aubervilliers notamment. Les personnels du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen, ont dénoncé une intervention « violente » de policiers en civil dans l'enceinte de l'établissement pour y interpeller un élève. « Il y a un cadre légal », a réagi Édouard Geffray. « On assiste à des violences extrêmement fortes, notamment contre les chefs d'établissement. [...] Il y a une institution judiciaire à laquelle il appartient de faire de discerner le vrai du faux ».
« Nos profs sont à bout »
« Nos profs sont à bout », a témoigné une élève de l'ENS Lyon, qui souhaite rester anonyme. « Ils sont super pessimistes et en sont à nous demander de faire des temps de réflexion entre nous pour y voir plus clair sur la manière de faire cours. [...] ils ne savent pas gérer la situation ni à court ni à long terme ». Au niveau national, les proviseurs étaient appelés par leur principal syndicat à une « opération rideaux » ce jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur « ras-le-bol ».
Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s'est propagé en France, soutenu par des organisations étudiantes et syndicales. Concernant les facs, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, a évoqué jeudi « une quinzaine » d'interventions des forces de l'ordre dans les universités jusqu'à présent. Depuis le début de la contestation, « près de 900 » policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministère de l'Intérieur, tout comme plus de 200 lycéens et près de 150 personnels de l'Éducation. Trente-six enquêtes ont été ouvertes par la police des polices dont quatre concernent des « blessures mutilantes » et six des « blessures significatives ».


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