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Alors que plus de 8 Français sur 10 réclament un allègement de la fiscalité sur l’héritage, la gauche fait sa rentrée en ordre de bataille vers une taxation plus importante des droits de succession. Son objectif : taxer massivement les grandes transmissions pour financer le pouvoir d’achat, l’écologie ou la jeunesse. Un pari politique qui prône davantage de redistribution.
Mondo Guest - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :
Selon un récent sondage Odoxa pour Challenges, 84 % des citoyens souhaitent une baisse de l’impôt sur les successions. Pourtant, c’est précisément sur ce terrain glissant que la gauche a choisi de placer son offensive politique, dénonçant l’explosion des inégalités patrimoniales, notamment le fait que la part de la fortune héritée du patrimoine global est passée de 35 à 70 % des années 70 à aujourd’hui. Le régime fiscal actuel sur les successions exonère totalement la transmission entre époux, entre frères et sœurs et jusqu’à 100 000 euros par parent et par enfant. Tant que ces cadres et ces seuils sont respectés, aucun impôt n’est prélevé sur l’héritage. Pour les différents partis de gauche, cela ne suffit pas à caractériser la contribution dont devraient faire preuve les plus riches.
Pour Raphaël Glucksmann (Place publique) ou Marine Tondelier (Les Écologistes), il faut prendre l’argent où il se trouve et surtaxer les « mégahéritages », soit les 1 % les plus élevés. Ainsi, le reste, soit 99 % de la population, seraient toujours exonérée comme dans le régime actuel. La recette attendue par les deux candidats à la présidentielle dans cette démarche s’élève à 15 milliards d’euros. Cependant, c’est sur le fléchage de cette enveloppe qu'ils sont opposés.
Raphaël Glucksmann s’est emparé du sujet à la volée sur TF1. Selon lui, l’enveloppe de 15 milliards d’euros de recettes devrait soutenir le portefeuille des classes moyennes. L’eurodéputé propose d’abaisser les cotisations sociales des salariés touchant jusqu’à trois fois le Smic, promettant de « rendre » ainsi 1 300 euros nets par an au travailleur médian. Pour Marine Tondelier, « la grande transmission doit financer la grande transition ». Le pays glisserait vers une « aristocratie financière » vivant de rentes transmises et « 476 milliards d’euros s’apprêtent à être transmis par héritage en 2026 ». Pour les Écologistes, ces milliards doivent abonder vers un plan de modernisation des transports, du leasing social pour les voitures électriques, le rétablissement du Fonds vert, un renforcement de la sécurité civile et la rénovation thermique des logements et des écoles.
Des propositions plus radicales
« À partir de 12 millions d’euros, nous prendrons tout » : avec une telle proposition, La France insoumise opte pour une thérapie de choc. Par la voix de la députée et porte-parole Mathilde Panot, le mouvement réaffirme son projet d’un seuil de richesse maximal : une mesure fiscale qui ne frapperait que les 0,1 % les plus riches. L’argent collecté servirait à sanctuariser une allocation d’autonomie de 1 000 euros par mois pour les étudiants et jeunes actifs détachés du foyer fiscal de leurs parents.
Enfin, la surprise est venue des syndicats. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a jeté un pavé dans la mare en prônant une taxation sur les héritages « dès le premier euro reçu », au nom de la « justice sociale ». Une remise en cause frontale des exonérations actuelles dont, selon elle « l’efficacité économique n’est pas démontrée ». Reste désormais à savoir si cette surenchère fiscale saura convaincre les électeurs dans la course présidentielle.


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