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Le pays fait face à une flambée inédite du virus mais la présence de groupes armés et la défiance d’une partie des populations locales entravent la riposte. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, est sur place pour marquer le soutien de Paris aux autorités locales et aux humanitaires.

Des praticiens de Médecins sans frontières soignent un patient au sein du centre de traitement Ebola de Kitatumba, à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, le 23 septembre 2026. Des praticiens de Médecins sans frontières soignent un patient au sein du centre de traitement Ebola de Kitatumba, à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, le 23 septembre 2026.

La République démocratique du Congo (RDC) est en proie à la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d’Afrique centrale. Selon les dernières données des autorités congolaises, au jour du vendredi 2 octobre, 8 300 cas dont 4 018 décès et 2 162 guérisons ont été recensés depuis le début de l’épidémie, pour un taux de létalité de 48,4 %.

Six cas d’Ebola dont quatre décès ont également été recensés dans la province du Nord-Kivu (nord-est du pays) dans des zones sous contrôle du groupe antigouvernemental M23, a annoncé ce mouvement soutenu par le Rwanda dans un communiqué publié vendredi.

Partie de l’Ituri (Nord-Est), la flambée épidémique actuelle s’est depuis étendue à sept provinces du nord et de l’est de la RDC. La riposte manque de moyens et se heurte à la présence de groupes armés et à la défiance d’une partie des populations locales dans certains de ces territoires, parmi les plus troublés du pays.

Ces derniers jours, de « violents affrontements armés » ont entravé les opérations de riposte dans l’Ituri, dans des zones affectées par un conflit communautaire opposant des milices locales, et plus de 5 000 personnes ont été déplacées, ont déclaré les Nations unies (ONU), jeudi. Un centre de transit pour les malades d’Ebola a également brûlé, mardi soir, dans la même province, après que des militaires ont pénétré dans un site de déplacés et provoqué la fuite de ses occupants, selon l’ONU.

Les professionnels de santé particulièrement exposés

Un prestataire chargé de la détection des cas a également été tué lors d’une attaque armée dans un point de contrôle sanitaire dans la province du Nord-Kivu, avaient affirmé les autorités congolaises, mercredi.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, doit se rendre samedi à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, pour marquer le soutien de la France aux autorités locales et aux humanitaires qui participent à la riposte. M. Barrot est arrivé vendredi à Kinshasa, la capitale de la RDC, où il a rencontré le président congolais, Félix Tshisekedi, selon une source proche.

Le ministère de la justice de la RDC a également annoncé, vendredi, sur X, le lancement par la France et la RDC « d’un projet de 1,3 million d’euros pour faciliter l’accès à la justice des victimes de violence sexuelles liées au conflit », après une rencontre entre le ministre français et le garde des sceaux congolais.

La France a consacré entre janvier et juillet 13,4 millions d’euros à la riposte contre Ebola. Les Etats-Unis ont annoncé, le 23 septembre, débloquer 267 millions de dollars (237 millions d’euros environ) supplémentaires pour lutter contre l’épidémie en RDC.

Les professionnels de santé sont particulièrement exposés à la transmission du virus, qui circule dans des régions pauvres et reculées, où les infrastructures de santé sont défaillantes. Un membre du personnel de Médecins sans frontières (MSF) a été évacué vers les Pays-Bas après avoir été testé positif à Ebola en RDC, a annoncé l’ONG, jeudi. Le ministère de la santé néerlandais a précisé que le patient était un médecin de MSF envoyé en RDC pour participer à la lutte contre l’épidémie.

Vaccins et traitements à l’étude

Plusieurs vaccins et traitements sont à l’étude contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, à l’origine de la flambée actuelle.

Des premières doses du vaccin Ervebo, dont l’efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé, ont été administrées ces dernières semaines en RDC à des volontaires parmi les personnels de première ligne, dans le cadre d’un essai clinique. Quelque 70 000 doses d’Ervebo, provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, ont été allouées en août à la RDC.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé, à la mi-septembre, des signes « encourageants » dans l’évolution de la lutte contre l’épidémie, mais le directeur général de l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC) a estimé dans la foulée que l’épidémie n’était « pas sous contrôle ». L’épidémie ne recule pas mais « se déplace », avait également alerté MSF.

Le Monde avec AFP