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Par Marie Jo Sader
Publié aujourd’hui à 05h30Article réservé aux abonnés
ReportageLe retour en Syrie de milliers de réfugiés après la chute du régime de Bachar Al-Assad était réclamé au Liban. Dans le Akkar et la Bekaa, leur départ se fait pourtant déjà sentir : agriculteurs en quête de bras, activité en baisse et financements internationaux qui se tarissent révèlent une dépendance jusque-là occultée.
De la marée de tentes blanches qui recouvrait autrefois la vaste parcelle, il ne reste plus rien. La terre a repris ses droits : gombos, maïs, aubergines, choux-fleurs et laitues poussent désormais sur le terrain verdoyant d’Al-Rihaniyé, situé sur une colline à l’orée de Bebnine, ville du Akkar, région du nord du Liban frontalière de la Syrie.
Alors que septembre crache une chaleur digne du mois d’août, Ahmad Al-Boustani, ouvrier agricole chargé de la parcelle, déambule entre les hauts plants fleuris de gombos qui le dépassent d’une tête. « J’ai désherbé le champ aujourd’hui », dit l’homme au visage brûlé par le soleil. En bord de route, face au terrain, une bâche déchiquetée du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) fait office de relique de ce qui fut l’un des plus grands camps de déplacés syriens de Bebnine. « Il y avait environ 250 tentes sur les 2,2 hectares qu’on a remis en culture. Des réfugiés syriens qui avaient fui la guerre chez eux en 2011. A la libération [la chute du régime de Bachar al-Assad, fin 2024], ils ont tout démonté, tout emporté et ils sont partis », raconte-t-il.
Pays étroit que l’on traverse du nord au sud en à peine plus de 200 kilomètres, le Liban a accueilli plus de 1,5 million de réfugiés venus de Syrie, sans compter les milliers qui échappaient aux statistiques. Le Akkar et l’ensemble du Nord ont été la porte d’entrée du premier afflux en 2011. Avec la Bekaa, à l’est, ces deux régions agricoles constituent le plus grand foyer d’accueil. Mais depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad, le pays du Cèdre observe un phénomène de retour. A la fin du mois d’août, 681 612 Syriens enregistrés par le HCR avaient regagné leur pays.
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