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Ce documentaire sensible aborde la problématique de la greffe. Plongée dans les entrailles d’un parcours du combattant, du côté des médecins, des donneurs et des receveurs. De l’attente au choix, en passant par l’extraction et l’acheminement, jusqu’à la réception.
Passer la publicité Passer la publicitéLa lumière est tamisée. Une musique douce enveloppe la pièce. Un visage penché sourit. Assise à une table, Lauriane, 23 ans, gratte quelques mots sur une feuille : «À toi mon donneur…». Depuis sa naissance une malformation cardiaque héréditaire empêchait la jeune femme de vivre convenablement. Son cœur lui faisait mal. Son père aussi avait un trop gros cœur. Il est décédé à 41 ans.
Lorsque Lauriane reçoit un nouveau cœur à l’âge de 22 ans c’est une renaissance. Ce geste profondément humain sauve une vie. Et la loi permet désormais d’écrire à la famille du donneur, même si le donneur reste à jamais un anonyme pour le receveur. Lauriane a souhaité leur dire merci. «Je suis là parce que ta famille a dit “oui”», rédige-t-elle dans sa lettre.
Faire don du cœur d’un proche
Dans ce documentaire, Jean-Sébastien Desbordes, Felix Albert et Anthony Santoro filment avec une grande délicatesse l’ensemble de la chaîne d’une greffe. De l’attente du don à l’implantation du cœur. Chaque composante de cette solidarité est traitée. À commencer par le donneur. Roméo, 16 ans, est un accidenté de la route. Il est en état de mort cérébrale et ne reviendra jamais à la vie. Sa mère témoigne du choix de donner le cœur de son enfant. Malgré le traumatisme, la peine et la douleur viscérale de perdre un enfant, elle a le courage de céder cette partie si précieuse du corps chez l’être le plus important qui soit.
Découpé en quatre épisodes de vingt minutes, le documentaire repose sur des témoignages qui prennent aux tripes. Celui d’une l’infirmière coordinatrice est poignant. Elle accompagne les familles des défunts dans leur décision d’accepter ou de refuser le don, parce que le don repose sur le consentement présumé afin de garantir sa gratuité. Le documentaire nous accompagne avec tendresse dans l’intimité de cette salle où médecins et famille échangent sur le devenir des organes.
Les chirurgiens abordent sans détour leurs souffrances. Chaque drame les émeut. L’un d’eux confie être toujours choqué par le prélèvement. Il s’impose une distance sur son geste, évite de regarder le visage du patient, tant l’émotion de retirer un cœur est forte.
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La course contre la montre
La caméra s’immisce aussi avec sensibilité dans la chambre de l’hôpital, au plus près, lorsque les médecins retirent le tuyau d’un patient en état végétatif. Son cœur s’arrête. Et tout s’emballe. L’institut Cœur Poumon appelle le patient qui recevra l’organe. L’Agence de la biomédecine coordonne les interventions chirurgicales du donneur et du receveur. Un avion décolle. En moins de quatre heures, le cœur doit avoir changé de corps.
Votre rythme cardiaque va forcément s’accélérer lors de l’étape finale, que la chirurgienne Marylou nomme «la poésie du mouvement» : la greffe . Le cœur passe d’une poitrine à une autre. Le temps est suspendu. Le patient a sa cage thoracique vide pendant quelques instants. Le cœur va-t-il rebattre ?


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