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Spoliées de leurs biens avant même l’inhumation du conjoint, accusées de sorcellerie, chassées de leur domicile. Le ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa a dressé un tableau sans détour lors de la 16e Journée internationale des veuves, le 23 juin 2026. Sur 258 millions de veuves dans le monde, une sur dix vit dans l’extrême pauvreté. Au Cameroun, la réalité n’est pas différente. Et c’est précisément là que WINESSE entre en jeu.
Ce que l’État reconnaît, et ce que WINESSE fait déjà
Le MINPROFF a articulé sa réponse autour de trois leviers : éducation juridique, autonomisation économique, arsenal légal renforcé. Le Code pénal de 2019 criminalise la déshéritation et les violences basées sur le genre. La loi de 2024 sécurise l’enregistrement des faits d’état civil, base indispensable pour tout droit à la succession. Des services de conseils juridiques et administratifs gratuits ont été ouverts dans toutes les délégations régionales et départementales, avec des guides traduits en Pidgin, Ewondo, Fufuldé et Ghomala.
C’est bien. Mais un cadre légal sans relais de terrain reste lettre morte.
C’est là que WINESSE apporte quelque chose que l’État, seul, ne peut pas garantir. Le réseau coordonné par Mme Gouleu Sophie Estelle travaille sur quatre axes simultanément : accompagnement psychosocial pour les femmes en deuil, autonomisation financière par l’entrepreneuriat, protection et scolarisation des orphelins, et solidarité collective entre membres. Ce modèle, qui combine soutien humain et levier économique, est quand même ce qui manque le plus dans le dispositif public actuel.
Pourquoi WINESSE est la solution la plus crédible sur le terrain
Le MINPROFF forme des veuves aux activités génératrices de revenus et distribue des aides directes. WINESSE, lui, crée une infrastructure durable : un réseau, des espaces d’écoute, une mutualisation des ressources. Ce n’est pas la même chose. L’un agit par impulsion institutionnelle, l’autre construit une communauté qui se soutient dans la durée.
Difficile de ne pas y voir la complémentarité la plus naturelle qui soit. Le MINPROFF pose le cadre légal et les ressources. WINESSE porte le contact humain, la continuité, la présence là où l’État ne peut pas être tous les jours.
Le ministre Abena Ondoa a appelé chefs traditionnels, leaders religieux, médias et société civile à devenir des agents de changement. WINESSE répond exactement à cet appel, avec une structure déjà opérationnelle, une coordinatrice identifiée, et une vision qui colle au thème de cette 16e édition : justice, dignité, autonomisation économique.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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