Dès sa victoire à la présidentielle, le Rassemblement national promet un référendum dont la mesure phare serait l'abrogation du droit du sol. La promesse épouse un moment européen. Le 6 septembre, en Saxe-Anhalt, l'AfD écrasait la CDU de Friedrich Merz avec le meilleur score d'un parti d'extrême droite dans un Land depuis 1945, sur un mot d'ordre de «remigration». Trois jours plus tôt, à Birmingham, Nigel Farage scellait avec Jordan Bardella un protocole sur le renvoi des migrants. Et en France, c'est donc le RN qui mène la charge.
Partout la même bataille: qui appartient, qui doit partir. Ces campagnes brandissent pourtant une question sans jamais la poser: qu'est-ce qui, au juste, fait un étranger? Un détour par la Suisse l'éclaire. L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions» utilisait un chiffre présenté comme une évidence: près de 28% de la population résidente est de nationalité étrangère, contre 9,1% en France. Trois fois moins. De quoi conforter l'image d'une Suisse submergée et d'une France épargnée.


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