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Dans le même bassin parisien, un drapeau disparaît pendant qu’un autre reste parfaitement fréquentable.
Les résultats officiels du 50 mètres dos donnent Miroslav Knedla vainqueur devant Kliment Kolesnikov et Pavel Samusenko, ces deux derniers étant enregistrés sous l’appellation « Athlètes neutres B ».
Les Russes toujours privés de leurs couleurs à Paris
Le détail est d’autant plus savoureux que World Aquatics avait décidé en avril 2026 d’autoriser à nouveau les nageurs russes et biélorusses seniors à participer à ses compétitions avec leurs uniformes, drapeaux et hymnes nationaux, sous certaines conditions.
Mais les Championnats d’Europe dépendent d’European Aquatics. Pour ses compétitions seniors, l’organisation européenne maintenait le statut d’athlète neutre pour les Russes et les Biélorusses autorisés à concourir.
Résultat : dans le bassin parisien, Kolesnikov et Samusenko peuvent nager, gagner des médailles et monter sur un podium, mais la Russie doit rester graphiquement invisible. Israël, lui, apparaît normalement avec son drapeau.
La neutralité a visiblement ses préférences
C’est là que le discours sur un sport prétendument séparé de la politique devient difficile à prendre au sérieux. Depuis 2022, les athlètes russes ont connu exclusions, restrictions et disparition de leurs symboles nationaux dans de nombreuses compétitions internationales. À Paris, en août 2026, l’effacement du drapeau russe est encore visible.
Dans le même temps, aucune règle équivalente ne frappe Israël dans cette compétition.
Le contraste est forcément politique alors que Amnesty International affirme qu’Israël commet un génocide contre les Palestiniens de Gaza. De son côté, la Cour internationale de Justice examine toujours l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël au titre de la Convention sur le génocide.
On peut discuter sans fin des règlements, des fédérations compétentes et des subtilités juridiques. Reste une image très simple : deux nageurs russes privés de leur drapeau, un nageur israélien accompagné du sien.
Un deux poids, deux mesures qui se voit à l’écran
Le problème n’est évidemment pas que Tomer Yakov Shuster puisse concourir avec le drapeau de son pays. Le problème est la justification employée lorsque le drapeau russe, lui, disparaît au nom de principes politiques présentés comme nécessaires.
Si le principe consiste réellement à protéger le sport des conflits entre États, il devrait être appliqué avec une certaine cohérence. Sinon, il ne s’agit plus de neutralité mais d’une sélection très occidentale des pays dont les symboles deviennent soudainement incompatibles avec les valeurs sportives.
Ce traitement différencié n’est d’ailleurs pas nouveau. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, Anne Hidalgo avait déclaré que les athlètes russes et biélorusses n’étaient « pas les bienvenus », tout en refusant le parallèle avec la participation israélienne.
Deux ans plus tard, le bassin a changé, mais la géopolitique reste la même. La Russie nage sans drapeau. Israël avec le sien. Et l’on continuera probablement à expliquer que tout cela n’a rien de politique.


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