NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Par Didier Lemaire
Le 19 mai 2026 à 17h44
FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que le film L’Abandon est actuellement dans les salles de cinéma, la question de la responsabilité politique dans le meurtre de Samuel Paty doit être posée, plaide l’enseignant, qui a été menacé pour avoir dénoncé la montée de l’islamisme à Trappes.
Passer la publicité Passer la publicitéDidier Lemaire est professeur de philosophie. Pendant vingt, il a enseigné au lycée de la Plaine de Neauphle, à Trappes. Menacé pour avoir alerté sur la montée de l’islamisme, il a dû mettre en suspens sa carrière d’enseignant en février 2021.
«Quoi que l’on pense des causes profondes du désastre, la cause directe fut l’incapacité du commandement», écrivait Marc Bloch dans L’Étrange défaite, quelques mois après que la France se soit enfoncée dans le déni et que nos généraux, faute d’avoir anticipé les conditions de la guerre moderne, aient mené notre armée au désastre. Qui donc s’abritera, aujourd’hui, derrière je ne sais quel «fatal engrenage» ou derrière «l’institution» pour éviter de poser la question de la cause directe de l’assassinat de Samuel Paty ?
D’abord, il y a un professeur d’histoire qui remplit sa mission – celle qui n’est plus, en réalité, la mission des enseignants – de façon exemplaire : instruire. Il cherche à faire naître chez ses jeunes élèves le goût de la réflexion. Il s’efforce de développer leur faculté de juger pour les préparer à
devenir des citoyens. Pour ce faire, dans son cours prévu au programme sur la liberté d’expression, il s’appuie sur des documents pédagogiques validés par le ministère. Des islamistes lui reprochent – sincèrement, faut-il le dire ? – une provocation. Ses collègues, sa proviseure, la rectrice de l’Académie de Versailles, sous l’autorité du ministère de l’Éducation nationale portent cependant, d’une manière plus ou moins ouverte, le même soupçon contre lui : le soupçon d’islamophobie, soupçon qui empeste la mauvaise conscience et la honte de ce que nous sommes. Or, sans ce
soupçon, il est évident que le professeur aurait été protégé et qu’il n’aurait pas été tué.
C’est un manquement, à tous niveaux de la chaîne hiérarchique, qui fut la cause directe de l’abandon du professeur.
Didier LemaireIl faudrait être vraiment aveugle pour ne pas voir que la cause directe de l’assassinat du professeur Samuel Paty fut l’incapacité de ceux qui commandent à prendre leurs responsabilités : la proviseure,
en recevant un imam dans son lycée et en imputant au professeur un «incident grave», la rectrice, en déléguant un référent laïcité qui porta l’accusation contre le professeur, le ministre, en restant spectateur alors qu’il savait que Daech avait déclaré, après la tuerie du Bataclan, que sa priorité était de s’attaquer à l’école publique française. C’est ce manquement, à tous niveaux de la chaîne hiérarchique, qui fut la cause directe de l’abandon du professeur. Un abandon qui se poursuit d’ailleurs puisque notre association, Défense des serviteurs de la République, accompagne des enseignants menacés qui se retrouvent dans des situations similaires à celle qu’a vécue Samuel Paty.
Pour l’heure, Maître Chaix a engagé un procès en responsabilité contre l’État au nom de Mickaëlle Paty. Si nous voulons rétablir le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants, ce procès devrait s’accompagner d’un débat public sur la responsabilité politique de ceux qui ont eu pour
charge de commander et qui ont renoncé à assumer leur fonction. Plus généralement, il importe de prendre acte que nous avons abandonné les professeurs, l’École, les services publics, les Juifs, les valeurs et les principes de la Républiques. À ce rythme, nous abandonnerons bientôt la démocratie.
Car, sans instruction publique commune à tous les citoyens, pas de liberté politique. En effet, comme le souligne Condorcet, fondateur de l’école publique, «même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. Il faut qu’en aimant les Lois on sache les juger». Mais savons-nous
encore juger nos lois alors qu’elles ne paraissent plus adaptées face à des ennemis qui veulent détruire la liberté et l’égalité et instaurer un monde où l’être humain sera de trop ?


2 week_ago
133



























.jpg)






French (CA)