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Deux anciens travailleurs étrangers temporaires ont conclu une entente avec l’entreprise néo-brunswickoise Pêcheries LeBreton & Fils, qu’ils accusaient de rupture de contrat. Ils recevront une compensation de leur ancien employeur, qui continue de nier toute responsabilité.
Juan Pablo Lerma Lopez et Adriana de Leon Silva sont originaires du Mexique. Ils ont travaillé à l’usine de transformation de homard de Pêcheries LeBreton & Fils, à Grande-Anse, de mai à août 2023.
En juin 2024, ils ont entamé des démarches devant la Cour des petites créances contre l'entreprise. Ils ont soutenu avoir travaillé moins d’heures que ce que prévoyait leur contrat d’embauche et avoir été à l’arrêt pendant cinq semaines.
Juan Pablo Lerma Lopez a réclamé 7359 $, tandis qu’Adriana de Leon Silva réclame 6537 $ pour les heures non travaillées. Ils ont aussi demandé une compensation de 12 500 $ chacun pour la douleur émotionnelle et le stress qu’ils disaient avoir subis.

Les Pêcheries LeBreton & Fils à Grande-Anse, Nouveau-Brunswick (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Vigneault
L’organisme Migrant Workers Alliance for Change, qui les accompagne et les appuie depuis le début, vient d’annoncer que ces deux travailleurs – qui sont de retour au Mexique – ont conclu une entente avec Pêcheries LeBreton & Fils et mis fin à leurs démarches.
D’après des documents fournis par cette organisation et des renseignements disponibles dans l’index des tribunaux du Nouveau-Brunswick, Juan Pablo Lerma Lopez a reçu une compensation de 6000 $, tandis qu’Adriana de Leon Silva a reçu 5500 $.
Dans un document signé par ces deux travailleurs, ils reconnaissent que le versement de ces sommes ne doit pas être considéré comme une admission de responsabilité de la part de Pêcheries LeBreton & Fils et renoncent à entamer d’autres recours contre l’entreprise.
C’est certainement une victoire pour les travailleurs
Niger Saravia, organisateur au Nouveau-Brunswick pour Migrant Workers Alliance for Change, affirme en entrevue avec Radio-Canada Acadie que cette résolution est une très bonne nouvelle, et ce, même si les travailleurs n’ont pas obtenu autant d’argent qu’ils demandaient.
C’est certainement une victoire pour les travailleurs. Ils envoient un message clair aux employeurs qu’ils ne laisseront pas d’autres employeurs les abuser sans devoir subir des conséquences, dit-il.

Le porte-parole de l'organisme Migrant Workers Alliance for Change, Niger Saravia. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Ce militant pour les droits des travailleurs étrangers temporaires réitère d’ailleurs ses critiques à l’égard de plusieurs aspects du système fédéral actuel.
Notamment le fait que les travailleurs ne reçoivent pas un seul dollar lorsque leur employeur écope d’une amende pour non-conformité au Programme des travailleurs étrangers temporaires.
Le système fédéral abandonne les travailleurs.
Il rappelle que Pêcheries LeBreton & Fils a écopé d’amendes totalisant 128 750 $ pour non-conformité depuis 2023 et que les travailleurs étrangers temporaires de cette entreprise n’ont reçu aucune part de ces sommes.
Pêcheries LeBreton & Fils a toujours nié avoir mal agi
Dans l’exposé de la défense qu’elle a déposée en 2024 en Cour des petites créances, Pêcheries LeBreton & Fils a nié en bloc les allégations faites par Juan Pablo Lerma Lopez et Adriana de Leon Silva.
L’entreprise a notamment expliqué que tout le monde sait dans cette industrie que le salaire, le nombre d’heures et la durée de l’emploi des travailleurs d’usine dépendent de plusieurs facteurs, dont le marché et la quantité de homards disponibles.
Elle explique que la saison de pêche printanière de 2023 a été désastreuse en raison de la météo et du marché américain.
C’est ce qui explique selon elle pourquoi elle a fermé son usine de Grande-Anse – et mis ses travailleurs étrangers et canadiens à pied – plus tôt que prévu, au début juillet 2023.
Dans un document, Pêcheries LeBreton & Fils soutient qu’elle a toujours agi avec diligence raisonnable avec tous ses employés et encore plus avec ses employés ressortissants étrangers.
Radio-Canada Acadie a contacté le dirigeant de l’entreprise pour recueillir ses commentaires. CBC a contacté l’avocat qui l’a représenté dans le cadre de ce litige en 2024. Nous n’avons pas obtenu de réponse.


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