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Les 14 et 15 octobre, des volontaires et des organismes vont mener un recensement des personnes en situation d’itinérance à Thompson. Cette collecte de données est nécessaire pour adapter les ressources à ce qui se passe dans la rue.
Ces dénombrements ponctuels de personnes en situation d’itinérance, aussi connus sous le nom Point-in-Time Count, sont menés partout au Canada et coordonnés par Logements, Infrastructures et Collectivités Canada (LICC). (nouvelle fenêtre)
Depuis 2025, LICC a décidé de mettre en place un recensement chaque année. Un sondage complet avec 21 questions est fait tous les trois ans et un recensement avec un questionnaire plus succinct est mené chaque année. Cette année, c’est plus comme une énumération, précise Lana Bayer, coordinatrice du Point-in-Time Count pour la Ville de Thompson.
Questions posées lors du recensement de 2026 :
Où restez-vous ce soir?
Avez-vous accès à un logement permanent où vous pouvez rester en toute sécurité, aussi longtemps que vous le voulez?
Cherchez-vous du logement à Thompson?
Qu’est-ce qui vous empêche d’accéder à un logement?
C’est important de le faire chaque année, car cela permet au gouvernement de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, explique Lana Bayer.
Les différents organismes et refuges seront invités à mener ce recensement dans la nuit du 14 au 15. Ensuite, des bénévoles arpenteront les rues de 6 h à 12 h pour aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas encore répondu à l’étude.
Les équipes de bénévoles seront présentes dans tout le centre-ville, ainsi que sur certains lieux de campements itinérants. Mme Bayer espère avoir une quinzaine de personnes pour mener le recensement. Les bénévoles recevront tous une formation avant d’aller à la rencontre des itinérants dans la rue.
Souvent, les itinérants sont assez ouverts à répondre à nos questions, si on leur explique qu’on tente de mesurer l’itinérance et de trouver des solutions.
L’itinérance en hausse depuis plusieurs années à Thompson
Lors du dernier recensement en 2025, 260 personnes en situation d’itinérance ont répondu au sondage. C’est 21 % de plus qu’en 2024 et près du double de 2022.
Cette année, certains s’attendent à ce que ces chiffres augmentent encore. C’est le constat de Kelvin Lynxleg, la directrice générale de Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) qui gère le centre Wellbriety, un refuge à Thompson.

Kelvin Lynxleg se tient devant le nouveau bâtiment du centre Wellbriety et reste optimiste quant au futur de l'itinérance à Thompson.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
La directrice de MKO reconnaît l’importance de récolter ces données, mais son organisation n’en a pas besoin. Son personnel vit cette réalité chaque jour. Nous nourrissons et nous aidons encore plus de personnes que n’en dénombre le recensement, souligne Kelvin Lynxleg.
Le centre Wellbriety est financé pour servir 50 personnes, mais il en accueille souvent près d’une centaine. Un deuxième bâtiment est en cours de rénovation pour créer 40 logements de transition supplémentaires.
Des données importantes pour l’accès aux services
Mme Lynxleg soutient qu’il y a un manque criant de ressources à Thompson, particulièrement de ressources en santé mentale.
Lors du recensement de 2024, 98 % des personnes à risque ou en situation d’itinérance à Thompson étaient autochtones. Beaucoup de personnes à Thompson viennent des communautés autochtones aux alentours et cela crée également de l’itinérance, précise Kelvin Lynxleg.
L’itinérance, surtout pour les personnes autochtones, est un résultat systémique des traumatismes liés à la colonisation, aux pensionnats, à la rafle des années 60.
L’itinérance autochtone est bien plus complexe et nécessite des ressources pour surmonter ces traumatismes, ajoute Mme Lynxleg. Il n’y a pas assez de soutien à Thompson, confirme Lana Bayer.
Il y a également une pénurie de logements abordable, selon Darren Fulford, le responsable des services au logement de l’Association canadienne pour la santé mentale à Thompson.
Il y a toujours des gens qui cherchent un logement. Ça prend du temps, alors qu’il y a des années, on arrivait à leur trouver un logement en moins d’une semaine. C’est très compliqué aujourd’hui, affirme M. Fulford.
C’est d’ailleurs ses années de travail avec les personnes itinérantes qui le motivent à participer à ce recensement en tant que bénévole. J’ai vu des personnes en difficulté, je sais ce que la dépendance peut faire à certaines personnes, déplore-t-il.
Les données recueillies lors du recensement permettent donc à la Ville et aux organismes de montrer au gouvernement ce qui se passe dans la communauté, afin de recevoir plus de services et de financement adapté.
Un rapport sera disponible sur le site de la Ville dans les deux mois suivant le recensement.


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