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Immobilier : le « ressort comprimé » du marché canadien va-t-il bientôt se détendre?

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Après quatre mois de modeste progression, le marché immobilier canadien a marqué un temps d'arrêt en septembre 2026. Entre la hausse des taux fixes, la crainte d'une inflation persistante et l'incertitude économique, acheteurs et vendeurs observent une pause stratégique.

Les ventes résidentielles sur les systèmes MLS (Multiple Listing Service) ont reculé de 2,3 % d'un mois à l'autre, en septembre 2026. Elles affichaient un repli de 7,7 % par rapport à septembre 2025.

Pour l'ensemble de l'année 2026, l'Association canadienne de l'immobilier (ACI) anticipe désormais 444 530 transactions (-5,2 % par rapport à 2025). Le prix moyen national devrait stagner à 681 681 $ (+0,2 %).

Au cours des trois derniers mois, le marché immobilier canadien a fait du surplace. Les prix des propriétés sont restés pratiquement inchangés et le volume des ventes à l'échelle nationale est en voie de terminer l'année 2026 légèrement sous le rythme pourtant déjà lent de 2025, résume Phil Soper, PDG de Royal LePage.

Les deux plus grands marchés, Toronto (-3,7 %) et Vancouver (-4,0 %), enregistrent des baisses de prix et un ralentissement de l'activité. Phil Soper estime toutefois que ces métropoles ont touché le fond ou en sont très proches après quatre ans d'ajustement.

L'incertitude commerciale et géopolitique

Bien que le taux directeur de la Banque du Canada se situe à 2,25 %, les taux hypothécaires fixes de 5 ans ont bondi à la rentrée sous la pression des marchés financiers. Les investisseurs anticipent jusqu'à 100 points de base (+1,00 %) de hausses de taux d'ici un an pour contenir les risques d'inflation.

Cette situation crée une grande anxiété : 38 % des propriétaires canadiens craignent une hausse de leurs mensualités lors du prochain renouvellement hypothécaire (un taux qui atteint 45 % à Vancouver et 39 % à Toronto).

C'est un peu comme ce que nous avons vécu en mars et avril. Lorsque la situation au Moyen-Orient s'enflamme et que le pétrole grimpe, les marchés deviennent très nerveux face à l'inflation. Les taux fixes ont déjà augmenté et l'incertitude pousse de nombreux acheteurs à préférer attendre sur les lignes de touche cet automne, explique Shaun Cathcart, économiste principal de l'ACI.

Même son de cloche du côté de Phil Soper, qui explique que ce ne sont ni le marché immobilier lui-même ni les taux d'intérêt actuels qui bloquent les acheteurs, mais l'incertitude géopolitique et commerciale avec les États-Unis. Il affirme que cela a un impact direct sur la confiance des consommateurs et leur comportement dans le secteur immobilier.

Plus de choix et de pouvoir de négociation

Pour les acheteurs qui décident de passer à l'action, le contexte offre des avantages inédits depuis plusieurs années :

  • Un marché plus équilibré : le ratio national ventes/nouvelles inscriptions est descendu à 48,8 % en septembre, contre une moyenne historique de 54,7 %;

  • Un inventaire plus abondant : on dénombre plus de 200 000 propriétés actives dans les systèmes MLS (+1,8 % sur un an);

  • Fin des surenchères : les acheteurs bénéficient de plus de temps pour visiter et de la possibilité d'ajouter des conditions d'inspection ou de financement.

Par ailleurs, après avoir fortement souffert, le segment des appartements en copropriété commence à se stabiliser et constitue une porte d'entrée très attirante pour les premiers acheteurs et le retour progressif des investisseurs, selon Phil Soper.

2027 : Un ressort comprimé prêt à se détendre

L'ACI prévoit un rebond modéré des ventes de +4,4 % en 2027 (464 235 transactions) et une hausse du prix moyen national de +1,2 % (689 909 $).

Selon Shaun Cathcart, la demande refoulée reste immense. Selon lui, le marché immobilier canadien ressemble à un ressort comprimé.

Il y a une immense demande accumulée qui tente de se relever, mais un événement externe vient régulièrement lui retirer le tapis sous les pieds. Le rebond se concrétisera enfin lorsque l'environnement mondial se stabilisera, conclut-il.

Avec des informations de CBC

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