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Des travailleurs en C.-B. retiennent leur souffle des heures avant les tarifs de 50 %

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L’incertitude, c’est le mot qui retentit dans les différents secteurs touchés en Colombie-Britannique par la nouvelle menace de tarifs douaniers américains de 50 %. Plusieurs entreprises retiennent leur souffle, alors que les négociations entre le Canada et les États-Unis s’intensifient au cours des prochaines heures.

Les États-Unis affirment qu'ils imposent ces tarifs douaniers en raison de la discrimination du Canada envers leurs secteurs de l'automobile, des produits laitiers et de l'alcool.

Ces tarifs touchent différents biens d’une valeur de 28 milliards de dollars, comme les meubles, le ciment, l’alcool, le miel, la papeterie et les produits laitiers.

Comme l’explique Ryan Mallough, le vice-président aux affaires législatives de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), cette nouvelle menace est difficile à avaler pour les petites et moyennes entreprises canadiennes et britanno-colombiennes, parce qu’elle vise des produits qui étaient protégés par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

En temps normal, l’ACEUM est un bouclier commercial historique respecté par les trois pays. Ce n’est soudainement plus le cas. Cela veut dire que, jusqu’à présent, ces entreprises ont très peu ou pas diversifié leurs marchés.

M. Mallough affirme que les entrepreneurs ne savent pas s’ils doivent complètement refaire le modèle d’affaires ou s’ils seront épargnés. Alors ils ont les yeux rivés sur les négociations. Cette incertitude est insupportable, précise-t-il.

C’est le cas de Blaine Maryniuk, le copropriétaire d'une entreprise de papier peint à Abbotsford. Il craint pour la survie de son entreprise, qui exporte une grande partie de sa production vers ses clients américains.

C'est accablant. J'y pense tous les jours. J'ai travaillé sur des solutions pour essayer de faire imprimer et expédier mes produits aux États-Unis avant la date butoir, mais ça gruge toutes mes marges de profit.

La situation en est au point où l'entrepreneur d’Abbotsford pense à délocaliser une partie de sa production aux États-Unis grâce à un sous-traitant afin de contourner les tarifs.

Mais ça veut dire que je ferais très peu d’argent et je vais devoir réévaluer mes effectifs. C’est vraiment catastrophique, lance M. Maryniuk, qui a mis sept ans à bâtir sa clientèle.

L’industrie laitière n’est pas épargnée non plus. Casey Pruim est un producteur laitier de deuxième génération de la vallée du Fraser et le président du conseil d’administration de BC Dairy.

Il explique que, même si le Canada exporte très peu de lait ou de fromage aux États-Unis, le Canada exporte surtout des produits adjacents, comme les concentrés de protéines laitières, les poudres de lait et de crème et le lactosérum.

Il faudra trouver un marché à ces produits et nous ne savons pas à quoi cela ressemblera. Mais ce qui nous inquiète aussi, c’est que le Canada concède encore une plus grande part du marché canadien aux producteurs américains.

En effet, le Canada a déjà fait des concessions aux Américains lors de la dernière négociation de l'ALENA pour créer l'ACEUM signé en 2018.

Selon M. Pruim, l’infiltration du lait américain sur les tablettes canadiennes pourrait être dévastatrice pour les fermiers, car il pourrait se vendre à un prix inférieur à celui du lait canadien.

Cela s’explique notamment par la taille des fermes laitières américaines, qui produisent bien plus de lait, et par les normes de qualité et de sécurité alimentaire, qui sont plus élevées au Canada qu’aux États-Unis.

Un autre secteur crucial de la Colombie-Britannique, c’est l’industrie forestière, déjà malmenée par des droits de douane de 45 %. Elle appréhende l’impact de la nouvelle menace, notamment sur les produits de bois transformés, comme les meubles, le contreplaqué, les panneaux de particules, les placages de bois et le papier.

Selon les données de la Colombie-Britannique, environ 20 % de ses exportations totales proviennent de l'industrie forestière. De ces exportations forestières, 60 % des produits sont directement expédiés vers les États-Unis.

Alors que l’industrie a déjà perdu de nombreuses scieries et usines de pâte à papier, Kelly Marciniw, la présidente du conseil d'administration de BC Wood, s’attend à d’autres fermetures si les tarifs sont appliqués.

Beaucoup d’entreprises ont déjà procédé à des mises à pied et à des restructurations. Je ne sais pas si elles vont survivre, vous savez, à cette prochaine vague de tarifs.

Même si le mot incertitude revient souvent dans la bouche de ces travailleurs, Ryan Mallough, Blaine Maryniuk, Casey Pruim et Kelly Marciniw lancent tous le même message : Achetez britanno-colombien, achetez canadien!

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