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Dans le Grand Vancouver, les mises en vente de logements ordonnées par les tribunaux atteignent des chiffres jamais vus depuis 10 ans, selon la plateforme immobilière Zealty.ca. Des experts pointent du doigt les renouvellements des prêts hypothécaires, qui peuvent se traduire, pour certains propriétaires, par des remboursements mensuels difficiles à honorer.
C'est ce qui est arrivé à Rob Preston, un résident de Port Moody. La joie qu'il a ressentie au moment de devenir propriétaire est bien loin, alors qu’il s’apprête à renouveler son prêt hypothécaire pour la deuxième fois.
C’est si stressant, dit-il. En sachant que les taux sont tellement plus élevés qu’ils l’étaient auparavant, et qu’il faut essayer de faire tourner une entreprise, subvenir aux besoins d’une famille.
Rob Preston travaille dans le secteur de la construction. Comme beaucoup d’autres propriétaires qui ont profité des taux d’intérêt attrayants lors de la pandémie de COVID-19, le temps est venu pour lui de renouveler son prêt hypothécaire.
Selon lui, il devra payer de 600 $ à 1200 $ en plus chaque mois.
Davantage de prêts hypothécaires en souffrance
S’il a pu jusqu’ici honorer les paiements de son hypothèque, ce n’est pas le cas pour tous.
Selon une étude de TransUnion publiée le 25 août, entre 2025 et 2026, le taux de prêts hypothécaires en souffrance, c'est-à-dire les prêts dont les paiements sont en retard depuis 90 jours ou plus, a augmenté de 4 % en Colombie-Britannique.
L'Ontario arrive en tête, avec une augmentation de 6 %, suivie de l'Île-du-Prince-Édouard, avec 5 %.
Les données de la plateforme immobilière Zealty.ca montrent que le nombre de mises en vente de logements ordonnées par les tribunaux atteint un sommet jamais vu depuis 10 ans dans le Grand Vancouver. Ainsi, entre le 1er janvier et le 30 septembre, 946 biens immobiliers ont été mis en vente de cette façon dans le Grand Vancouver et dans la vallée du Fraser.
D'après Simon Bilodeau, courtier hypothécaire à Refinance BC, plus de 1200 logements devraient être vendus par un tribunal d’ici la fin de l'année, ce qui serait un sommet en 20 ans. Il rappelle cependant que cela représente environ 1 % des ventes à l’échelle de la province.
Qu’est-ce qu’une vente de logement ordonnée par le tribunal?
Lorsqu’une personne n’a pas fait son paiement pendant trois mois, la banque commence les procédures pour reprendre la maison et la vendre, explique le courtier hypothécaire Simon Bilodeau.
La banque s'adresse ensuite au tribunal pour se faire rembourser ce qui lui est dû. Ce processus prend parfois un an, voire plus. Les ventes que l’on voit aujourd'hui, cela fait au moins un an que le processus a été lancé.
Le problème, c’est que les prêts hypothécaires étaient accessibles, les taux d'intérêt étaient très bas, explique Hamidreza Etebarian, président de Zealty.ca. Les gens pouvaient alors acheter une résidence plus cher. Mais maintenant que les taux d'intérêt sont plus élevés, ils ne peuvent plus se le permettre.
En avril 2020, le taux d'intérêt préférentiel était de 2,45 %. En date de mercredi, il était de 4,45 %.
La faute à un marché immobilier atone?
Si Simon Bilodeau reconnaît que l'augmentation des taux d’intérêt peut expliquer cette hausse des mises en vente ordonnées par les tribunaux, il croit cependant que ce facteur en est un parmi d'autres. Il pointe plutôt du doigt le marché immobilier, qu’il qualifie d’atone. On est en ce moment environ à 25 % sous le niveau normal des ventes.
Le courtier explique que les raisons qui peuvent conduire les gens à avoir du mal à honorer les paiements restent les mêmes que par le passé. Il cite notamment les accidents de la vie, la perte d’un emploi. Ce qui a changé, selon lui, c’est qu’il est plus difficile aujourd’hui pour quelqu’un qui peine à honorer ses paiements de vendre sa maison rapidement.
S’ils ne sont pas capables de vendre, ils ne peuvent pas sortir de leurs problèmes, faire les paiements, restructurer leurs financements. Et on se retrouve à la cour. [...] En 2021, quelqu’un qui mettait sa maison en vente le samedi matin voyait disparaître ses problèmes l’après-midi même. Ce n’est pas le cas en ce moment.
Que faire en cas de difficultés?
Simon Bilodeau conseille à ceux qui pourraient avoir du mal à rembourser leur prêt hypothécaire de ne pas attendre le dernier moment. Il évoque la possibilité de recourir à une hypothèque privée pour [se] donner du temps.
Vous pouvez aussi appeler votre banque, conseille le courtier. Votre banque, elle ne veut pas votre maison. Aller au tribunal, ça lui coûte cher, parce qu’elle a besoin d’engager des avocats, des procédures. Elle préfère travailler avec les gens, à l'avance, pour éviter des problèmes du genre.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Johna Baylon


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