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Mis à part l’affiche bleue typique des établissements du système de santé sur le bord de la route, l’espace ne ressemble en rien à ce qu’on trouve ailleurs. Pourtant, ici, les jeunes de 12 à 25 ans peuvent avoir accès rapidement à une infirmière, des intervenantes et des services en santé mentale.
Quand on entre dans l’Aire ouverte de Drummondville, on est tout de suite accueillis par une intervenante dans un grand espace lumineux. Café, eau, jus, collations sont à disposition. Dans les toilettes, les visiteurs peuvent prendre brosse à dents, pâte à dents, shampooing et préservatifs s’ils en ont besoin.
C’est vraiment une des meilleures choses qu’ils ont faites pour les jeunes, je pense.
Avec son amie Makayla Nantel, elles sont convaincues que la formule des Aires ouvertes fonctionne. Des services sont disponibles sans rendez-vous grâce à une plateforme en ligne de prise de rendez-vous pour rencontrer différents spécialistes. Aucun problème n’est trop gros ou trop petit.

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Rosa Moisan confie que les ressources de l'Aire ouverte lui offrent beaucoup de soutien.
Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois
J’ai vécu un décès, donc j’ai eu besoin d’informations sur les droits de succession, des choses comme ça. L’intervenante a été vraiment en mesure de me référer ou de me sortir des sites [web] pour que je puisse me renseigner, raconte Rosa Moisan. L’Aire ouverte a été d’une aide précieuse alors qu’elle vivait en plus une séparation et lui a permis de se remettre plus rapidement sur pied.
Ça me permet de parler à quelqu’un. Je n’ai pas vraiment de milieu proche, je n’ai pas vraiment de parents proches. Ça me fait au moins quelqu’un avec qui je peux pleurer.
L’implication des jeunes dans les services
Quand ils m’ont parlé de c’était quoi l’objectif qu’ils voulaient faire avec Aire ouverte, ça m’a direct accroché. Je me suis rendu compte qu’on avait vraiment besoin de ça, affirme Makayla Nantel.
C’est l’occasion de pouvoir aider le plus de gens possible.
Les deux femmes s’impliquent dans le projet depuis quelques années, avant même que le recrutement de l’équipe débute. C’est qu’à la base des Aires ouvertes, il y a les jeunes. Ils et elles participent à l’élaboration des services et des activités et même au choix du mobilier.
[Ce qui m’a attirée], c’est vraiment l’opportunité de pouvoir développer quelque chose pour aider les jeunes. De pouvoir offrir une ressource qui va être plus présente pour les jeunes, plus disponible, sans temps d’attente, explique Makayla Nantel, qui s’implique depuis cinq ans maintenant. Elle étudie en techniques d’éducation spécialisée. La santé mentale et le bien-être de ceux de son âge lui tiennent particulièrement à coeur. Ça se sent dans son enthousiasme.

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Makayla Nantel s'implique depuis cinq ans dans l'organisation des services de l'Aire ouverte de Drummondville.
Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois
Une popularité transmise de bouche à oreille
Selon la responsable des services d’Aire ouverte pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, 455 personnes ont visité le centre en 2024. L’année suivante, ils en ont accueilli 50 % de plus. Les jeunes viennent beaucoup à cause du bouche à oreille, ajoute Mylène Lecours.
Les échos sont très positifs. C’est valorisant de voir que c’est une approche humaine et chaleureuse qui fait une différence. Ça me fait beaucoup de bien.
En franchissant les portes, les 12 à 25 ans peuvent autant avoir accès à des services sur place qu’être redirigés vers les organismes autour. D’ailleurs, la maison des jeunes est de l’autre côté de la rue. Ils peuvent trouver là un cercle social. Le GRIS Mauricie-Centre-du-Québec, un organisme de soutien aux personnes LGBTQ+, vient animer des ateliers une fois par mois. Parfois, ils peuvent avoir besoin d’aide à la recherche d’un emploi ou d’un logement.
En tout, plus d’une vingtaine de représentants d’organismes s’assoient ensemble autour de la table pour discuter des besoins de la clientèle des 12 à 25 ans et coordonner leurs efforts. C’est ainsi qu’ils évitent de dédoubler les services.
Il y a deux portes qui répondent à des besoins. On a une porte santé. On a une infirmière qui est là pour répondre à des besoins de dépistage, de contraception, des questions sur la santé. Pour certains jeunes, c’est une porte qui n’est pas menaçante. C’est facile après ce premier pas-là d’être en lien avec des intervenants psychosociaux. Eux répondent aux besoins tels que les jeunes les présentent, explique Mylène Lecours.
Si elle observe que les besoins sont importants, elle croit que leurs forces sont sous-estimées.

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Mylène Lecours est responsable des services d’Aire ouverte pour la Mauricie et le Centre-du-Québec.
Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois
En campagne électorale, le Parti québécois, qui formera le prochain gouvernement, avait promis d’investir 550 millions de dollars sur quatre ans dans la santé publique et dans la prévention pour la santé mentale. Le parti souhaite réduire l’utilisation de médicaments dans le traitement des problèmes de santé mentale en favorisant une approche pluridisciplinaire.
Pour Makayla Nantel, le plus important, c’est que le message de prendre soin de sa santé mentale et physique parviennent aux autres de son âge.


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