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La sécheresse de l’été 2025 a mis en péril la survie du sapin baumier au Nouveau-Brunswick.
Des propriétaires de terrains boisés constatent que ces conifères, populaires en tant que sapins de Noël, rougissent progressivement, s’assèchent et meurent, affirme Anthony Taylor, chercheur en foresterie à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB).
De telles mortalités de sapins baumiers sont survenues après des étés exceptionnellement chauds et secs en 1986 et en 2018, dit-il.
Un arbre normal serait en mesure de survivre à ces conditions, indique le professeur.
Cependant, les arbres réagissent à la sécheresse en interrompant leur processus de photosynthèse, ce qui a un effet négatif sur leur capacité de croître.
Ils ne sont plus capables de produire les réserves d’énergie dont ils auraient besoin pour leurs processus métaboliques de base et pour la production de composés de défense, explique le scientifique.

Anthony Taylor, professeur en foresterie à l'Université du Nouveau-Brunswick, étudie les effets des changements climatiques sur le sapin baumier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ben Ford
Le résultat est un plus grand nombre de sapins vulnérables, dont la survie est plus difficile.
Les racines du sapin baumier sont par ailleurs superficielles, ce qui l’empêche de puiser de l’eau en profondeur avec la même habileté que d’autres espèces d’arbres lors de périodes de sécheresse.
Une centaine d'arbres morts
Peter McKeil, propriétaire depuis une quarantaine d’années d’un lot boisé à Burtt's Corner, a commencé à remarquer des dommages sur ses sapins en juin dernier. Les branches du bas commencent à rougir, puis le phénomène se poursuit de branche en branche jusqu’à la cime.
Il dit avoir perdu une centaine d’arbres depuis cela.
Redoutant que ses sapins baumiers soient condamnés, il a changé ses habitudes de travail. Lorsqu’il reçoit une commande pour du bois d’œuvre, il commence par abattre ceux-ci avant de les voir mourir.

Peter McKeil est propriétaire forestier à Burtt's Corner, au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Aniekan Etuhube
Peter McKeil n’est pas optimiste. Les plantes vont devoir s’adapter ou vont disparaître, déclare-t-il. Le sapin baumier aime le temps plus froid, poursuit-il, et il croit que les morts observées se multiplieront plus au nord.
Il va jusqu’à dire que le sapin baumier est condamné dans le sud du Nouveau-Brunswick.
Le chercheur Anthony Taylor conclut que c’est un signe visible et concret des effets des changements climatiques au Nouveau-Brunswick.
Il faut que ça envoie un message à la société : Il faut arrêter de brûler des combustibles fossiles. Il faut en finir avec la dépendance aux combustibles fossiles. Il faut arrêter de couper trop d’arbres, déclare-t-il. Nous n’atténuons pas les changements climatiques assez rapidement. Et par conséquent, c’est le genre de phénomène que nous allons continuer à observer.
D’après le reportage de Danielle McCreadie, de CBC


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