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Des saisonniers supplantent leurs voisins au Camping de Saint-Félix-d’Otis

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C'était jour de supplantation au Camping de Saint-Félix-d'Otis samedi. En raison de la désuétude des installations septiques, 80 terrains saisonniers doivent être libérés puisque le service d'égout ne sera plus disponible cet été. Les occupants doivent donc s'installer ailleurs.

Le camping n'a qu'une quarantaine d'espaces saisonniers disponibles. Les plus anciens pouvaient donc choisir de supplanter d'autres campeurs, ce qui ne s'est pas fait sans heurt.

D'autres, comme Rosanne Bouchard, ont choisi de vendre leur roulotte.

On a pris notre décision et on est en accord avec notre décision, l'émotion est passée. Peut-être que, quand ça va partir, que la roulotte va partir, c'est sûr qu’on va avoir un gros pincement au cœur, a déploré celle qui était installée au Camping de Saint-Félix-d'Otis depuis 40 ans.

Une grande enseigne en bois annonce le Camping de Saint-Félix-d'Otis. Le panneau présente des illustrations colorées, mentionne la location de chalets et de kayaks, ainsi qu'un casse-croûte, devant un paysage de forêt et un ciel nuageux.

Le camping a récemment pris la décision de réduire le service d’égout en raison de la désuétude des installations septiques.

Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer

Comme les autres campeurs saisonniers de ce secteur, son conjoint et elle ont été informés l'automne dernier qu'ils devraient libérer leur terrain ou se passer du service d'égout.

Ils auraient pu se prévaloir de leur ancienneté pour obtenir le terrain de quelqu'un d'autre dans une autre section du camping. Le couple a choisi de ne pas le faire.

Nous autres, on avait prévu peut-être faire trois, quatre, cinq ans maximum de camping encore, par rapport à notre âge, mais là, déménager tout ça, s'en aller en haut, se réinstaller en haut pour trois, quatre ans pour redéfaire tout ça, puis revendre… On a décidé de fermer les livres, autrement dit, sur le camping , a raconté le conjoint de Rosanne Bouchard, Daniel Tremblay.

Un départ déchirant

Au fil des ans, de nombreux campeurs ont mis beaucoup d'énergie pour aménager leur emplacement. Ils ont tissé des liens, développé des amitiés. Le déménagement vers un autre camping est crève-cœur pour Steeve Côté.

Je trouve ça super triste et je trouve qu'il aurait pu y avoir une gestion qui aurait pu être différente, qu’ils auraient pu réparer le système d'égout, a-t-il souligné.

Environ 120 terrains saisonniers étaient auparavant disponibles.

Un homme travaille à la déconstruction d'une terrasse en bois sur un terrain de camping. Des outils, une brouette et des matériaux jonchent le sol entre plusieurs roulottes garées sous un ciel nuageux.

80 terrains saisonniers doivent être libérés puisque le service d'égoût ne sera plus disponible.

Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer

Certains campeurs sont expulsés parce que d'autres, plus anciens, prennent leur place. Le choix n’a pas été facile pour le saisonnier Sylvain Bergeron, qui a décidé de supplanter un voisin en se servant de son ancienneté.

Je le connais bien. Celui que j'ai tassé, la mère de sa blonde est campée à côté de moi depuis 28 ans. De grands grands amis. J'ai hésité, mais j'ai dit : "Si ce n’est pas moi qui le prends avec l'ancienneté, ça va être un autre".

Les gestionnaires indiquent que le processus d'attribution des terrains s'est bien déroulé. Ils se sont toutefois abstenus de commenter davantage le dossier.

Des contestataires mis en demeure

Lorsque les gestionnaires ont informé les campeurs qu’ils devaient quitter leur terrain, l’automne dernier, certains se sont regroupés pour former le comité du Mouvement citoyen pour le Camping de Saint-Félix-d’Otis.

Lors de sa création, l’objectif de ce groupe était de favoriser la communication entre tous les résidents, défendre les intérêts collectifs et maintenir un dialogue constructif avec les autorités et les partenaires concernés, est-il possible de lire sur la page Facebook du comité.

Mais en mars, des membres de ce groupe ont été mis en demeure par la Société touristique de L’Anse-à-la-Croix (STAC), qui gère le camping et dont le maire de Saint-Félix-d’Otis, Pierre Deslauriers, siège au sein du conseil d’administration.

Ils ont été expulsés du camping par la STAC et doivent quitter les lieux d’ici le 9 mai, selon nos informations.

Pierre Deslauriers n'était pas disponible pour nous accorder une entrevue, samedi.

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