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À Vancouver, le conseiller municipal Mike Klassen veut déposer une motion pour un projet pilote visant à mettre en service des robots livreurs de nourriture.
Nous avons été contactés par [l'entreprise] Serve Robotics, les avons rencontrés à quelques reprises et ils ont présenté des arguments assez convaincants, affirme le conseiller municipal.
Le projet pilote devrait durer six mois. Après cette période, nous recevrons un rapport du personnel de la Ville sur ce qui a fonctionné et non.
Les deux quartiers visés pour le projet pilote sont Kitsilano et l’ouest du centre-ville. Les deux secteurs ont notamment été sélectionnés en raison de leur densité, explique M. Klassen. Nous avons aussi réfléchi aux conditions du terrain [pour tester ces robots], s’ils ont beaucoup de pentes par exemple, mentionne l’élu.
Si le projet pilote est mené à bien, la Ville essaiera alors d’élargir le service. M. Klassen indique qu’il pourrait y avoir un appel d’offres pour ces services, et la municipalité tentera d’en déterminer la réglementation avec le gouvernement provincial.

Le nombre de robots déployés dans le cadre de ce projet pilote n’est pas encore déterminé. « C’est le genre de décision qui sera probablement prise une fois que le conseil aura la chance d'en discuter et, je l’espère, de l’approuver », affirme le conseiller municipal de Vancouver, Mike Klassen.
Photo : Mike Klassen
Le conseiller municipal souligne que la technologie a été utilisée dans quelques grandes villes américaines, dont Los Angeles et Chicago. D’après lui, il s’agit d’une opportunité de démontrer que ces appareils peuvent être facilement intégrés dans nos espaces publics.
Il assure que, si nous découvrons, avec le [projet] pilote, qu’il y a des défis qui sont difficiles à surmonter, alors on pourrait devoir y renoncer, [mais] nous ne pouvons pas le savoir sans ce projet pilote.
La ville de Vancouver a un secteur du développement technologique très fort et nous aimons envoyer un message à ce secteur : Vancouver est ouverte à l’innovation et aux nouvelles idées.
Le président-directeur général de Serve Robotics, Ali Kashani, explique que ces robots prennent votre commande d’un restaurant, habituellement dans un rayon moyen de 1,6 kilomètre (un mile).
Ils se déplacent sur le trottoir, ils traversent la rue et ils ont les mêmes capteurs que les voitures autonomes : les caméras et la technologie lidar, ajoute M. Kashani. Ils ont l’habileté de détecter ce qui les entoure et de réagir à cela.
Il affirme que Serve Robotics a actuellement 2000 robots livreurs en fonction dans 20 villes américaines, et qu’il n’y a pas eu d’accidents majeurs ou de blessures graves causés par ces machines.
Ils rendent plutôt une ville plus sécuritaire, soutient M. Kashani, parce que nous remplaçons les voitures et les bicyclettes qui roulent à haute vitesse.
Ce sont des appareils qui réduisent notre dépendance à la voiture, réduisent les embouteillages, les émissions de gaz à effet de serre, et les accidents en limitant la circulation automobile, soutient Ali Kashani.
Vancouver lui est particulièrement chère, puisqu'il y a emménagé lorsqu’il avait 19 ans et a fait ses études à l’Université de la Colombie-Britannique. De plus, il dit avoir fondé sa première entreprise à Vancouver.
Même s'il habite maintenant en Californie, il affirme avoir toujours voulu amener cette technologie au Canada. Ainsi, le fait que Vancouver soit la première ville [canadienne] où nous allons a beaucoup de sens.

« Pourquoi déplacer un burrito de deux livres dans une voiture qui pèse deux tonnes? » demande le PDG de Serve Robotics, Ali Kashani.
Photo : Serve Robotics
Des choix critiqués, malgré une idée appuyée
Meg Holden, professeure d'urbanisme et de gestion de l'environnement et des ressources à l'Université Simon Fraser aurait toutefois souhaité que la ville se tourne davantage vers le Canada pour choisir l’entreprise qui fournit ces robots livreurs.
Selon elle, ce projet pilote n’a pas beaucoup de liens avec des compagnies et des technologies canadiennes.
Elle doute aussi de la popularité du projet dans les quartiers sélectionnés. Par exemple, je ne sais pas si les résidents de Kitsilano vont être d'accord de partager leurs trottoirs, qui sont déjà assez [utilisés], avec un robot qui va faire une compétition pour l'espace.

La professeure d'urbanisme et de gestion de l'environnement et des ressources à l'Université Simon Fraser, Meg Holden.
Photo : Radio-Canada
Elle estime que ces robots ont beaucoup plus leur place dans des secteurs comme Oakridge Park, où il y a un esprit d'expérimentation avec des technologies et beaucoup de densité et [l’occasion] de rouler sans voiture au milieu du quartier.
L'arrivée de robots livreurs est une nouvelle positive, selon Mme Holden, au sens où cela permettrait d’éviter les plus grands véhicules. S'il y avait moyen de faire ce genre de livraison plus doucement, ça pourrait être une bonne chose pour les Vancouvérois, pense-t-elle.


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