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Deux hôtels bien connus de la région se cherchent actuellement de nouveaux propriétaires. Des citoyens espèrent que le Métropole de Saint-René-de-Matane et l’hôtel Gagnon d’Amqui seront relancés, après avoir longtemps animé la vie de leur communauté.
Si l’hôtel Le Métropole est toujours ouvert en attendant d'être vendu, la fréquentation y est moindre que dans les années 1960 et 1970, où l'hôtel a été un haut lieu de fêtes et d'événements populaires.
En 1948, un entrepreneur, M. Jean Chassé construit l’hôtel, qui s’appelle au départ le Chez vous. Ce nom aurait perduré dans les années 1950 pour ensuite devenir Le Métropole. C’est un hôtel fréquenté à l’époque par les pêcheurs de saumons. Les travailleurs forestiers aussi, allaient dans cet hôtel-là, explique Louis Audet, de la Société d’histoire et de généalogie de Matane.
Selon l'historien, l'apparition de ces établissements est intimement liée à la popularité grandissante du tour de la Gaspésie à cette époque. Toutes les municipalités de la Gaspésie ont alors cherché à attirer les touristes en développant des motels, des hôtels et des restaurants.

La Société d’histoire et de généalogie de la Matane possède une banque d'images estimée à près de 500 000 photos. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ils vont développer des motels, des hôtels, des restaurants pour essayer d'avoir la manne touristique, faire de l'argent avec les touristes. C'est pour ça qu'il y avait de petits hôtels dans toutes les municipalités et aussi à l'époque, les gens se mariaient encore et lors des mariages, la tradition voulait qu'on se marie dans la paroisse originaire de la femme. Souvent elles étaient originaires de ces petites municipalités-là, donc la réception devait avoir lieu dans ce type d'hôtel, détaille Louis Audet.
L’hôtel accueille surtout les touristes qui viennent chasser ou pêcher dans la réserve faunique de Matane et se déplacent pour le Festival du saumon. En 1976, c’est l’arrivée du Festival du saumon qui va durer jusqu’au début des années 1990 et ça amène une clientèle supplémentaire, ajoute Louis Audet.

Une image du Festival du saumon à Saint-René-de-Matane.
Photo : Société d'histoire et de généalogie de Matane
Il y avait deux lieux de rassemblement. Il y avait le perron de l'église le dimanche et le samedi soir, il y avait la salle dansante de l'hôtel. Donc c'était des lieux de rassemblements où les gens se fréquentaient, fraternisaient, échangeaient les potins du village, donc oui, très important, ajoute Louis Audet.
Nostalgie et fermeture à Amqui
À Amqui, l'hôtel Gagnon est fermé depuis quelques semaines, après des difficultés liées à la pandémie. L'établissement a marqué les générations précédentes par l'effervescence de ses soirées dansantes et plus tard, sa discothèque.

L'hôtel Gagnon d'Amqui.
Photo : Stéphanie Rousseau
Même la mairesse de la Ville d'Amqui, Sylvie Blanchette, se rappelle y avoir fait la fête dans les années 1970.
Il y a eu des couples qui se sont formés. Il y a eu des cérémonies de mariage à l'hôtel Gagnon, c'est sûr, dans les années 1975, tous les jeunes allaient veiller à l'hôtel Gagnon, c'est là que ça se passait!
La résidente Vanessa Lamarre garde, elle aussi, de nombreux souvenirs de ses soirées. Quand j'étais plus jeune, c'est là que tout le monde se retrouvait, soit pour le souper ou en soirée, il y avait le karaoké en haut, se remémore-t-elle.
Une deuxième vocation
Face à cette situation, plusieurs résidents espèrent que des projets innovants permettront de redonner de l'activité à ces installations. C'est sûr que ce serait le fun que des jeunes reprennent ça et lui redonnent vie. Une deuxième vocation, on ne sait pas?, avance Vanessa Lamarre.
La municipalité d'Amqui refuse elle aussi de laisser le bâtiment à l'abandon et se dit prête à collaborer activement avec d’éventuels promoteurs. On ne veut pas que ce soit mis à terre. Faut que quelque chose se passe là. Est-ce que ça va devenir de la restauration ou est-ce que ça deviendra une résidence avec des appartements aussi?, ajoute Sylvie Blanchette.

Sylvie Blanchette est la mairesse d'Amqui. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Étienne Perreault
Selon l'historien Louis Audet, la valeur historique et patrimoniale de ces petits hôtels varie d'un endroit à l'autre. Il juge que c'est principalement dans le secteur de Métis-sur-Mer que plusieurs édifices possèdent des styles architecturaux uniques ou une histoire riche liée à la fréquentation de personnalités publiques et de riches pêcheurs de saumon.
Il y a des hôtels qui ont été fréquentés par de riches pêcheurs de saumon, des gens très aisés, des personnalités publiques, donc ce genre d'hôtels là, il y a une histoire qui y est rattachée de par les personnes qui y allaient et oui, ça peut-être intéressant de préserver ces hôtels-là, certains ont des styles architecturaux particuliers, je pense, entres autres, dans la région de Métis-sur-Mer, dit-il.


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