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Plus de 20 ans après avoir lancé sa carrière musicale à London, le rappeur canadien Shad revient dans la ville où il a grandi pour devenir le tout premier musicien en résidence de Museum London.
Pour Museum London, cette nouvelle résidence vise autant à soutenir la création qu’à offrir au public une autre façon de découvrir l’art, l’histoire et les collections du musée. L’établissement souhaite également s’inscrire davantage dans l’identité de London comme seule Ville créative de la musique de l’UNESCO au Canada.
Nous invitons Shad à utiliser le musée comme un tremplin créatif, à faire des recherches dans nos collections d’objets et d’œuvres d’art et à créer quelque chose de nouveau.
Les nouvelles pièces musicales créées en collaboration avec des artistes locaux intégreront la collection permanente du musée.
London, là où tout a commencé
Né au Kenya de parents rwandais, Shad est arrivé à London avec sa famille alors qu’il avait un an. Il y a grandi et y a fait ses premiers pas dans la musique, notamment en y donnant ses premiers spectacles et en y enregistrant son deuxième album.

Au fil de sa carrière, Shad a élargi son travail au-delà de la musique, notamment à l’animation, à l’histoire du hip-hop et à l’enseignement universitaire. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Vivian Rashotte
Même s’il a depuis quitté London, le rappeur affirme être demeuré attaché à la ville. Plusieurs de ses meilleurs amis y vivent toujours et il a continué à s’y produire au fil de sa carrière.
Cette résidence survient aussi à un moment charnière pour l’artiste. L’an dernier marquait ses 20 ans à faire paraître de la musique, un anniversaire qui l’a amené à réfléchir à son parcours et aux origines de son travail.
Cette occasion est arrivée de retourner là où ma carrière a commencé, là où j’ai grandi. [...] Pouvoir vraiment passer plus de temps [à London] et réfléchir à mon passage ici, à la ville et à l’histoire de la région, ça semble arriver au bon moment.
Ce retour fait aussi remonter des souvenirs d’enfance encore absents de sa musique, comme l’aide reçue par sa famille de l’église St. Michael and All Angels à son arrivée au Canada, ou les journées passées à explorer avec sa sœur et ses amis les ruisseaux près des écoles Frère-André et Westminster.
Ces souvenirs rejoignent le thème choisi pour sa résidence, Remember to remember, tiré du titre de l’une de ses chansons. En réfléchissant à ses deux décennies de carrière, Shad dit avoir constaté que la mémoire constituait un fil conducteur de son œuvre : se souvenir de son identité, de ses valeurs, de ses intentions et de ses espoirs.
Faire résonner la mémoire
Le thème trouve un écho particulier à Museum London, qui conserve plus de 50 000 objets témoignant notamment de l’histoire sociale, culturelle et économique de la ville.
Pour sa directrice générale, Julie Bevan, ces collections offrent à Shad une matière à explorer et à réinterpréter à travers la musique.
Il s’agit de créer de nouvelles connaissances sur London, sur le musée et sur nos collections à travers le prisme de la musique.

Julie Bevan, directrice générale de Museum London, explique que Museum London compte évaluer les retombées de la résidence autant par la participation du public que par les témoignages sur son influence auprès des artistes et de la communauté.
Photo : Radio-Canada / Josiane N'tchoreret-Mbaiamany
L’idée d’une résidence musicale était déjà dans l’esprit de Mme Bevan à son arrivée au musée. Le déclic est survenu à l’automne 2025, lorsqu’elle a assisté à un spectacle de Shad à London. Frappée par son lien avec le public local, elle l’a approché après le concert.
Pour Zahra McDoom, conservatrice des collections, cette résidence s’inscrit aussi dans un travail visant à faire une place à des histoires et à des voix traditionnellement moins représentées au musée. Elle y voit notamment une occasion d’explorer des pans de l’histoire musicale noire de London et l’expérience de différentes communautés de la ville.

Zahra McDoom voit dans le thème « Remember to remember » une invitation à renouer avec ses racines et à réfléchir au chemin parcouru et à celui qui reste à faire.
Photo : Radio-Canada / Josiane N'tchoreret-Mbaiamany
La résidence de Shad se déroulera de novembre 2026 à novembre 2027 et prendra plusieurs formes, allant de la création musicale aux activités destinées aux jeunes et aux collaborations avec des artistes de la région.
Shad prévoit de créer de nouvelles pièces inspirées de London, de ses souvenirs et des archives du musée. Une partie du travail sera réalisée avec son collaborateur de longue date, Justin Broadbent, qui a lui aussi vécu à London et a notamment conçu les pochettes de ses albums et réalisé plusieurs de ses vidéoclips.
Les deux artistes travailleront également à une installation sur le grand mur de l’atrium du musée, qui intégrera notamment les paroles et les écrits de Shad et s’inspirera de son parcours et de son rapport à London.
La résidence comprendra aussi un volet consacré à la relève. Des activités avec des élèves du secondaire sont envisagées, dont des ateliers d’écriture de paroles, ainsi que des collaborations avec des artistes locaux et des personnes œuvrant dans la production musicale et le hip-hop.
Shad souhaite profiter de ces rencontres pour transmettre certaines des leçons apprises au cours de sa carrière et encourager et inspirer la prochaine génération.


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