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Donner des fleurs à sa mère pour la fête des Mères, c’est plus facile à dire qu’à faire pour les résidents de la Basse-Côte-Nord. Les bouquets parcourent terre, mer et ciel avant d'atterrir dans les mains des mamans des communautés isolées de la région.
La logistique nécessaire pour offrir des fleurs à Chevery est tellement compliquée et coûteuse que Julie Chislett, la propriétaire du dépanneur Bellecourt, n’en commande qu’une fois par année.
À la fête des Mères, that’s it, that’s all.

Julie Chislett, la propriétaire du dépanneur Bellecourt à Chevery, a commandé 50 bouquets pour la fête des Mères. Il lui en reste encore quelques-uns en vue de dimanche.
Photo : Gracieuseté : Julie Chislett
Il ne lui reste plus qu’une poignée des 50 bouquets qu’elle a reçus la semaine dernière pour l’occasion. Pour arriver dans ses rayons, ceux-ci ont parcouru près de 1000 kilomètres à vol d'oiseau.
Après avoir été débarquées par camion à Sept-Îles, où elles ont été taillées et assemblées, les fleurs sont parties par la mer dans un conteneur du Bella Desgagnés.
Or, si le navire s’arrête à Harrington Harbour, où certaines mères reçoivent des bouquets, il ne se rend pas à Chevery. C’est donc par hélicoptère qu’elles ont atterri à l’aéroport où Julie Chislett les a récupérées.

Pour la fête des Mères, les fleurs arrivent au dépanneur Bellecourt à Chevery par hélicoptère.
Photo : Gracieuseté : Julie Chislett
Un service essentiel
Harrington Harbour, Chevery et Rivière-Saint-Paul sont les trois communautés de la Basse-Côte-Nord où la fleuriste Christiane Guillard a envoyé des fleurs pour la fête des Mères.
Si ses bouquets sont partis pour ces communautés isolées la semaine dernière, l’heure n’est pas encore au repos dans sa boutique. Dans l’atelier à l’arrière de sa boutique, cinq ou six femmes manient le couteau à toute allure pour effeuiller les tiges de centaines de fleurs de toutes les couleurs.
Chaque année, Christiane Guillard se fait un point d’honneur de fournir aux communautés isolées de l’est de la Côte-Nord des fleurs. Tout le monde a le droit de recevoir des fleurs, peu importe où ils habitent.

La directrice du Domaine Fleuri à Sept-Îles dit se faire un devoir de fournir des fleurs aux communautés les plus éloignées de la région.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Il y a aussi des plantes qui se donnent bien, comme des lys de paix, des kalanchoés, des cyclamens, précise la directrice du Domaine Fleuri, à Sept-Îles.
Mme Guillard insiste sur le fait que les fleuristes offrent un service essentiel, à plus forte raison lors d’événements difficiles, comme des décès. Selon elle, les arrangements floraux offrent un moment de confort et de beauté lors des cérémonies funéraires.
Un don coûteux
Aussi noble soit-il, l’envoi de fleurs dans certaines communautés de la Basse-Côte-Nord est précaire. C’est le cas à Chevery, où Julie Chislett soupèse le pour et le contre.
Un des problèmes, selon elle, c’est que la fête des Mères arrive tôt dans la saison du Bella Desgagnés. Pour s’assurer de recevoir à temps, elle commande donc les bouquets à l’avance.
Or, ça veut aussi dire qu’elle les reçoit possiblement très tôt, après qu’ils aient déjà passé quelques jours en mer. Résultat : les bouquets seront dimanche prochain déjà quelque peu flétris.
Mais le réel enjeu, pour Mme Chislett, c’est le coût de l’opération, alors que l’inflation touche aussi des prix des fleurs.
Ainsi, si elle ne parvient pas à vendre ses derniers bouquets, ceux-ci pourraient bien être ses derniers. On va voir, laisse-t-elle tomber.


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