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Des femmes invisibles aux Filministes

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Dans Sorda, le film d’ouverture du festival Filministes, une femme sourde accouche sans avoir accès à un interprète de la langue des signes. Puis, mère d’une petite fille entendante, elle a du mal à capter l’attention de son enfant, née d’un père également entendant, pour converser en langue des signes.

Cette situation n’est pas étrangère à Charline Savard, directrice de la Maison des femmes sourdes de Montréal. En effet, explique-t-elle, la majorité des femmes sourdes accouchent d’enfants entendants. Elle-même est en couple avec un musicien entendant, et il lui arrive de se sentir isolée lors des événements musicaux auquel il participe.

Le film Sorda, réalisé par Eva Libertad, met en vedette sa sœur, l’actrice sourde Miriam Garlo, saisissante dans le rôle de la jeune mère.

« C’est important que le rôle soit joué par une actrice réellement sourde, parce que les rôles de personnes sourdes sont souvent joués par des personnes entendantes », fait remarquer Charline Savard.

Le dimanche 8 mars, la Maison des femmes sourdes de Montréal organise une série d’événements pour la Journée internationale des droits des femmes. Les portes sont ouvertes aux personnes entendantes. Mais, cette fois, précise Charline Savard, ce sont elles qui vivront le phénomène de l’immersion.

Depuis neuf ans, le festival Filministes met en avant des films féministes, accompagnés de discussions et de débats. Sous cette bannière, il y en a pour tous les goûts, des Filminis, destinés à la jeunesse, aux Filminounes, explorant la pornographie d’un point de vue féminin.

Le 6 mars, une série de courts métrages, nommée Corps en résistance, explorera le thème de la danse comme langage, montrant autant des histoires de coercition sexuelle que des histoires de maternité adolescente. Le 7 mars, Nadia Louis-Desmarchais viendra présenter Recomposée, son premier long métrage documentaire, qui a gagné le prix du public aux RIDM. La cinéaste y explore ses relations avec sa famille d’accueil blanche et avec ses sœurs biologiques d’origine haïtienne. En clôture, le 9 mars, on projettera le documentaire Flana, de la réalisatrice irakienne Zahraa Ghandour. Elle y part à la recherche de sa petite voisine Nour, disparue à l’âge de 10 ans, pour découvrir que celle-ci avait d’abord été abandonnée à sa naissance par ses parents, qui ne voulaient pas d’une autre fille, puis par sa famille adoptive, qui était désormais comblée par d’autres enfants. La réalisatrice découvre que plusieurs filles abandonnées se retrouvent dans un refuge de Badgad, où elles vivent dans une espèce de prison, avant, peut-être, le pire… Zahraa Ghandour n’a pas retrouvé Nour. Cette projection sera suivie d’une discussion avec l’artiste montréalaise d’origine irakienne Ok Petersen, la Franco-Algérienne Dounia Bouzidi et la spécialiste de la tunisianité Farah Jemel.

Durant le festival, on pourra également visiter une exposition des œuvres de Yas Kanaan sur l’identité palestinienne en contexte diasporique.

Après le festival, le 14 mars, le film Invisibles, long métrage de fiction sur le travail du sexe auprès de personnes en situation de handicap, de Junna Chif, prendra l’affiche au cinéma Beaubien. Il y sera lancé en présence de la réalisatrice et sera accompagné d’une discussion animée par Sonia Von Sacher, elle-même travailleuse du sexe et « assistante sexuelle ».

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