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Des cours d’eau de l’Estrie souffrent du manque de pluie

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Le niveau de différents cours d'eau de la région est plus bas qu’à l’habitude, selon le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF). Le lac Memphrémagog n’y fait pas exception. Son niveau a considérablement baissé au mois de juillet et la marina Fitch Bay, située dans le Canton de Stanstead, appelle à la vigilance des propriétaires de bateaux.

Le niveau actuel du lac Memphrémagog ressemble davantage à celui que l’on retrouve historiquement au mois de septembre, selon Stéphane Pouliot de la marina Fitch Bay.

Les précipitations n’étaient pas au rendez-vous. On est rendu avec cette situation, 30 jours plus rapidement que l’an dernier, qui a été catastrophique, soutient-t-il.

M. Pouliot dénonce la gestion du niveau de l’eau du lac Memphrémagog alors qu’il est impossible pour les bateaux d’accoster à la marina Fitch Bay. Ils vont rester pris et ça va prendre des grues pour les sortir, mentionne-t-il.

Depuis la Saint-Jean-Baptiste, le niveau de l’eau a baissé d’environ 18 pouces, selon ce dernier.

Malheureusement, la qualité de l’eau en souffre beaucoup, car l’eau réchauffe, ce qui n’aide pas pour les algues et la sédimentation, note-t-il en rappelant que le lac Memphrémagog est la source d’eau potable de milliers de personnes en Estrie.

Un homme sur un quai.

Stéphane Pouliot, de la marina Fitch Bay, déplore le bas niveau de l'eau.

Photo : Radio-Canada

La mairesse de Magog, Nathalie Pelletier, est consciente que le niveau du lac est bas. Elle écarte cependant la possibilité que la gestion du barrage soit en cause.

On peut dire qu’il n’y a pas de mauvaise planification. Il y a de la surveillance qui se fait sept jours sur sept, 24 heures sur 24. On doit respecter des courbes. Ce n’est pas juste la Ville de Magog qui peut décider d’évacuer davantage ou non le niveau du lac­, mentionne-t-elle.

Mme Pelletier rappelle qu’en début de saison, le seuil des inondations mineures a été franchi. On a été obligé d’évacuer davantage d’eau. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de pluie. Le débit du barrage est au minimum. On doit toujours laisser évacuer dix mètres cubes par seconde pour l’oxygénation des poissons.

En vue de l'an prochain, Nathalie Pelletier est ouverte à analyser les options pour laisser le niveau du lac un peu plus haut en début de saison.

Elle est devant l'hôtel de ville de Magog.

Nathalie Pelletier est la mairesse de Magog. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine

Moins de pluie à Sherbrooke

En juillet, 70,3 millimètres de pluie sont tombés sur la Reine des Cantons-de-l’Est. Entre 1991 et 2020, la moyenne pour cette période de l’année était de 116,3 millimètres, selon Environnement et Changement climatique Canada.

Le mois de juillet a aussi été chaud, avec une moyenne de 19,5 degrés, alors que celle des dernières années était de 18,8 degrés.

La directrice de projet au COGESAF, Julie Grenier, estime qu’une nouvelle réalité s’installe en matière de précipitations, soit des averses courtes et intenses, suivies d’une période d’étiage ou sans précipitation.

C’est inquiétant dans le sens où c’est comme une nouvelle réalité qui nous apparaît. Une réalité à laquelle on ne veut pas tant s’adapter. Mais la précipitation maintenant arrive plus sous forme d'orage vraiment localisé. On a des endroits où on n’a pas l’impression que l’on manque d’eau parce que ça tombe d’une façon assez importante. Mais, il y a d’autres endroits où il n’y a pas d’eau du tout, souligne-t-elle.

Julie Grenier dans un champ.

Julie Grenier est directrice de projet au Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Repenser la gestion de l’eau?

Une réflexion sur la gestion de l’eau est nécessaire, selon Julie Grenier, afin de s’assurer que les différents usages soient maintenus.

Il faut qu’on revoie notre façon de gérer le territoire. Quand on met un barrage et on retient l’eau. Inévitablement, ce sont les gens en aval qui vont en subir les conséquences. On le voit au niveau de l’utilisation récréotouristique. Les gens en bas vont avoir plus de difficulté à sortir leur bateau, leur quai sera de plus en plus loin et naviguer avec un canot sera de plus en plus difficile. Les gens en amont vont avoir un niveau de l’eau acceptable. Ça va créer doucement des conflits d’usage, souligne-t-elle.

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