Si l’idée de téléguider des cafards n’est pas nouvelle en soi, effectuer ce type de manœuvre sous l’eau est en revanche tout à fait inédit. Au Japon, des scientifiques ont imprimé en 3D de petites combinaisons sous-marines afin d’en équiper des cafards et leur permettre de survivre quelques heures sous l’eau. Quelles sont les applications d’un tel projet ?
Une combinaison sur-mesure produisant de l’oxygène
En 2024, des chercheurs japonais et singapouriens avaient élaboré un dispositif à fixer dans le dos des cafards – un genre de « sac à dos électronique ». Cet équipement comportait des électrodes interagissant avec leurs organes sensoriels, ce qui permettait de les contrôler à distance via un ordinateur. Et s’il était possible de maintenir un tel contrôle sous l’eau ? Les mêmes scientifiques ont tenté de répondre à cette question, dans le cadre de leurs travaux publiés dans la revue Nature Communications le 29 juin 2026.
Dans les faits, le sac à dos de commande issu des premiers travaux a été combiné avec un genre de combinaison de plongée provenant de l’impression 3D. L’idée est parti du constat suivant : sous l’eau, ces insectes se noient en moins de deux minutes car ils respirent par des trous se situant au niveau de leur abdomen.
La combinaison en question est faite sur-mesure pour envelopper le corps de chaque cafard. De plus, cette dernière contient un mini-réservoir chimique permettant à une éponge contenant du dioxyde de manganèse de réagir avec du peroxyde d’hydrogène afin de fabriquer de l’oxygène pur. Enfin, des tubes en silicone acheminent l’oxygène dans les offices respiratoires des insectes.
Crédit : Sato et al., Nature Communications., 2026
Pourquoi une telle innovation ?
Les responsables du projet ont choisi la blatte siffleuse de Madagascar (Gromphadorhina portentosa) et ce, pour plusieurs raisons. Citons son envergure – entre 5 et 7 cm de long – lui permettant de supporter à la fois le poids du sac à dos électronique et celui de la combinaison. La surface de son dos permet également d’installer de petites cellules solaires. Une autre raison concerne l’absence d’ailes : la blatte est incapable de voler, ce qui facilite grandement son guidage à distance. Les autres avantages concernent sa résistance dans des conditions environnementales très dures, sa grande espérance de vie mais également, son agilité lui permettant de se faufiler quasiment n’importe où.
Cette innovation vise dans un premier temps à résoudre le plus grand problème des mini-robots. Ces derniers ont généralement besoin de batteries lourdes qui se vident en quelques minutes, alors que les blattes utilisent leurs propres muscles pour se mouvoir. De plus le sac à dos électronique consomme très peu d’énergie, puisque ce dernier sert seulement à donner de petites impulsions pour le guidage. De plus, la combinaison de plongée élargi les possibilités en permettant aux blattes de survivre sous l’eau durant au moins trois heures.
Pour les chercheurs, le but est à terme de déployer ces insectes dans les zones de catastrophe pour aider aux opérations de recherche et de sauvetage. Précisons que ceux-ci embarquent des micro-capteurs leur permettant de repérer la chaleur humaine, le dioxyde de carbone des respirations, ainsi que les appels à l’aide. D’autres applications pourraient concerner l’inspection des infrastructures souterraines, pour la détection de fuites d’eau ou de gaz, la repérage de zones de corrosion ou encore, la mesure de la qualité de l’air. Enfin, les blattes ainsi équipées pourraient un jour faire partie des futures missions d’exploration dans l’espace, notamment sur Mars.
Voici la vidéo montrant la fameuse combinaison de plongée imprimée en 3D
https://www.youtube.com/watch?v=q0EP2cOIrP4&source_ve_path=MjM4NTE&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.3dnatives.com%2F


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