En ville, la pollution atmosphérique n’est pas la seule à impacter les habitants, loin de là. Effectivement, la pollution sonore est également très dérangeante et assez régulièrement, des chercheurs tentent de l’atténuer. En Espagne, des géographes ont identifié une solution possible : l’aménagement d’axes verts, des rues donnant la part belle aux piétons se caractérisant par une présence accrue de végétation et la mise en place de mobilités douces.
Tester les « axes verts » durant une année
Il y a quelques temps, nous évoquions la société allemande Naturawall, à l’origine d’un mur végétal modulaire à destination des citadins. L’objectif était de lutter contre le bruit, tout en favorisant la dépollution de l’air et le retour de la biodiversité en ville. Si les murs végétaux gagnent en popularité depuis une décennie, d’autres solutions existent pour réduire la pollution sonore en milieu urbain.
A l’Institut de Ciència i Tecnologia Ambientals (ICTA-UAB) de Barcelone (Espagne), un duo de géographes a étudié la possibilité d’installer des axes verts en ville. Il s’agit ici de rues initialement pensée pour la circulation automobile, que l’on transforme en rues piétonnes. Surtout, ces axes verts sont concernés par une augmentation de la végétation et par la mise en place de mobilités douces, c’est à dire des modes de transport non motorisés (ou peu polluants) : vélo, roller, trottinette etc. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue Cities & Health en janvier 2026.
Pendant une année, les géographes catalans ont analysé les effets de ce type d’infrastructures sur la qualité de vie des habitants et évidemment, sur le bruit. Ils ont créé des axes verts dans le quartier de l’Eixample, dans le centre-ville de Barcelone et ont recueilli les données de sept stations de surveillance acoustique permanentes avant et après l’installation.
Crédit : Institute for Transportation and Development PolicyUne solution pas assez efficace, pour l’instant
Selon les résultats, la réduction du bruit est plus importante le jour plutôt que la nuit mais également plus significative durant la semaine plutôt que le week-end. Néanmoins, certains moments tels que l’après-midi et le début de soirée présentaient des niveaux sonores similaires à ceux précédant l’arrivée des axes verts. Par ailleurs, les zones se situant près des places publiques et à l’intersection de deux axes verts étaient globalement plus silencieuses. D’une manière générale, les géographes ont évoqué une réduction moyenne de 3,1 décibels sur 24 heures.
Les auteurs de l’étude ont également interrogé 1 211 habitants du quartiers afin de comprendre l’impact du bruit sur leur quotidien. Ainsi, pas moins de 58% des résidents vivant à proximité d’artères à forte circulation avaient déclaré que le bruit affectait l’utilisation des pièces donnant sur la rue ainsi que les balcons, contre 47% dans le cas de ceux habitant près des axes verts. Ainsi, les personnes dont le logement se trouve au bord d’un axe vert sont davantage susceptibles d’utiliser plus fréquemment les pièces concernées.
Si les résultats restent encourageants pour les responsables de l’étude, ces derniers ont tout de même constaté que les niveaux de bruit mesurés après l’installation des axes verts restaient supérieurs à ceux que recommandent l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Union Européenne. Ainsi, les axes verts semblent être une bonne idée sur le papier mais ne se monteraient pas suffisants pour atténuer le bruit de la ville au point d’atteindre des niveaux convenables. Devrait-on généraliser ces axes verts ? Faut-il les aménager différemment ? Nul doute que d’autres expérimentations seront menées dans le but de découvrir la formule la plus viable.


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