La vénérable «Burgerratssaal» paraît bien vide en ce dimanche de votation. L’association Pro Suisse, à l’origine de l’initiative sur la neutralité, avait choisi comme stamm cette salle historique nichée au 1er étage du Casino de Berne. Mais sous les lustres et les moulures de style baroque, l’ambiance n’y est pas. C’est même dans un silence pesant que sont accueillies à midi les premières projections. Le texte est balayé dans les urnes à 70,2%, un résultat encore plus net que ceux annoncés dans les sondages. Aucun Röstigraben, toutes les régions du pays ont rejeté cette proposition d’inscrire la neutralité de manière stricte dans la Constitution, y compris en Suisse centrale ou au Tessin où on pouvait s’attendre à un oui. Même un petit canton conservateur comme Appenzell Rhodes-Intérieures a rejeté l’initiative à près de 60%.
Présent à Berne à la tête d’une petite délégation genevoise, Samuel Sommaruga, l’un des visages romands de l’initiative, accuse le coup. «Je ne m’attendais pas à un 70% de non, admet le président du Comité pour la Genève internationale et sa neutralité (Cogin). Je pensais sincèrement qu’on ferait mieux, on a mené une belle campagne. Mais c’était David contre Goliath. Un large front s’est formé pour faire pencher la balance, allant de la gauche jusqu’au centre-droit.» Seule petite consolation, son canton de Genève rejette le texte à «seulement» 66%, en dessous de la moyenne nationale. «C’est certain que le résultat aura un impact sur la Genève internationale, c’est un enjeu qui n’a peut-être pas été assez perçu en Suisse alémanique», précise encore Samuel Sommaruga. Il se réjouit enfin que la campagne ait permis de rappeler que «la neutralité n’est pas seulement un moyen, mais aussi une valeur et une partie de notre identité».


1 week_ago
69




















.jpg)






French (CA)