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Déposer un sac d’ordures dans un bac noir : lorsqu’il est multiplié par plus de 100 000 personnes chaque semaine, ce geste en apparence anodin présente un défi de gestion important au lieu d’enfouissement technique (LET) de la Ville de Rivière-du-Loup, à Cacouna. Il atteindra le maximum de sa capacité d’ici 2030. Un agrandissement représente des dépenses substantielles pour la collectivité.
En faisant le tour de camions de déchets fraîchement déchargés en provenance des régions de Kamouraska et de Rivière-du-Loup, le gestionnaire en environnement à la Ville de Rivière-du-Loup, Jean-Bernard Ouellet, analyse les monticules de déchets.
Pneus, boîtes de carton, morceaux de bois, contenants consignés ou de résidus domestiques dangereux, vêtements… des matières qui n’auraient pas dû prendre la route de l’enfouissement.

Le gestionnaire en environnement à la Ville de Rivière-du-Loup, Jean-Bernard Ouellet, croit qu'il y a encore du travail de sensibilisation à faire.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
Les gens auraient intérêt à faire un peu plus d’efforts parce qu’au final, c'est eux qui payent pour l’enfouissement et le transport de cette matière-là.
Selon lui, autant les citoyens que les commerces, les institutions et les industries doivent être mieux sensibilisés à cet enjeu. Eux aussi génèrent une partie des matières qui se retrouvent ici, mais qui devraient être valorisées.
Une fois déposés au lieu d’enfouissement technique, les déchets ne sont pas triés. Ils passent sous les roues d’un compacteur avant d’être étendus et finalement recouverts de sable. Les mouettes et goélands viennent s’y nourrir en poussant des cris stridents, tout en évitant la machinerie.

On retrouve un nombre important de mouettes et de goélands au lieu d'enfouissement technique, signe que des matières organiques se trouvent dans les ordures.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
La canette ici, elle est enfouie. C'est terminé, elle va passer sa vie ici. L'idée, c'est d'essayer d'opter pour des options de valorisation [pour étirer] la durée de vie de notre LET. [...] Si on envoie les matières au bon endroit, on ne devrait pas avoir à l’utiliser à aussi grande échelle.
Les constats tirés sur le terrain par Jean-Bernard Ouellet ressortent aussi d’une étude publiée par Recyc-Québec en 2025. Les trois principales catégories de matières éliminées au Québec sont les matières recyclables (29 %), les résidus de construction, rénovation et démolition (26 %) et les matières organiques (25 %).
Entre 2019 et 2023, Recyc-Québec rapporte une augmentation de 19 % des textiles acheminés à l’incinération ou à l’enfouissement. La quantité de textiles éliminée a plus que doublé depuis 2011, témoignant de l’effet de la mode rapide, d’après Recyc-Québec.
Projet d’agrandissement
À Cacouna, le LET géré par la Ville de Rivière-du-Loup reçoit les déchets de 105 000 citoyens de cinq MRC : Rivière-du-Loup, Kamouraska, Les Basques, La Mitis et La Matapédia. Le lieu d’enfouissement technique devra être agrandi au cours des prochaines années, puisque la totalité des cellules d’enfouissement autorisées ont déjà été aménagées.
En 2019, l’ouverture d’une cellule (où les déchets sont compactés) a nécessité un investissement de 4 millions de dollars. Elle sera pleine d’ici quatre ans. Les investissements à venir seront beaucoup plus importants, selon Jean-Bernard Ouellet de la Ville de Rivière-du-Loup.

Des investissements considérables devront être faits au lieu d'enfouissement technique situé à Cacouna.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
Il faudra excaver, aménager des chemins périphériques, mettre en place des systèmes de captage de lixiviat et de biogaz, et construire une nouvelle station d’eaux usées, énumère-t-il. Les démarches d’agrandissement du LET sont amorcées depuis 2020 auprès du ministère de l’Environnement. Ce processus nécessite le dépôt d’une étude d’impact environnemental et une analyse par le BAPE.
Diverses solutions, comme le détournement des matériaux de construction vers la valorisation au centre de tri ou dans les écocentres, la collecte des matières organiques et la consigne, permettent d’économiser de l’espace dans les cellules du lieu d’enfouissement technique et de repousser l’inévitable.


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