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C’est à un débat électoral plus houleux auquel ont eu droit les électeurs de la circonscription de Duplessis. Trois des cinq candidats ont confronté leurs idées quant à l’avenir de la région à l’émission Côte à Côte, parfois de façon assez musclée.
Kateri Champagne Jourdain, de la Coalition avenir Québec (CAQ), Meggie Richard, du Parti québécois (PQ), et Roberto Stéa, du Parti conservateur du Québec (PCQ), étaient tous trois en studio à la station de Radio-Canada, à Sept-Îles.
La candidate de Québec solidaire, Jani Bellefleur-Kaltush, s’est désistée pour des raisons personnelles, tandis que celui du Parti libéral du Québec n’était pas disponible pour y participer.
Les échanges ont traité de cinq thèmes, soit le coût de la vie, les services de proximité, l’attractivité et la rétention, l’avenir économique, et les électeurs de demain.
Pour participer à ce débat, les candidats devaient :
- être issus d’un parti reconnu à l’Assemblée nationale;
- représenter un parti comptant des candidats dans l’ensemble des circonscriptions, et;
- se distinguer de manière significative dans les intentions de vote.
Voici quelques faits marquants du deuxième débat.
Des attaques et des parades
L’après-midi en ondes a été marquée par des échanges musclés, particulièrement entre Kateri Champagne Jourdain et Roberto Stéa.
Ce dernier a souvent utilisé son temps de parole pour attaquer le bilan de la CAQ. Les Northvolt de ce monde, les SAAQclic de ce monde, les scandales financiers, je peux garantir qu’on n’en aura pas, a lancé M. Stéa. Il a aussi accusé le parti sortant d’avoir laissé tomber l’industrie forestière de la région.
Or, ce même bilan, quoiqu'assailli, a aussi constitué une arme défensive pour Kateri Champagne Jourdain, qui a souvent répliqué en mettant l’accent sur ses accomplissements. Ce fut le cas en matière de construction de nouveaux logements et de la concrétisation de certains projets attendus, comme la modernisation de l’hôpital de Sept-Îles.
Dans ces altercations, la candidate péquiste Meggie Richard a parfois eu de la difficulté à se tailler une place. Ça ne l’a pas empêchée de marquer certaines des promesses de son parti et de lancer quelques flèches à Kateri Champagne Jourdain, notamment au sujet du report de l’échéance de la fin de la main-d’œuvre indépendante en santé.

Roberto Stéa, du parti conservateur du Québec, Kateri Champagne Jourdain, de la Coalition avenir Québec, et Meggie Richard, du Parti québécois, ont participé au débat de Radio-Canada Côte-Nord.
Photo : Radio-Canada / Audrey Beauchemin
Le nerf de la guerre
Justement, la santé a été l’un des sujets les plus chaudement débattus par les trois candidats.
Meggie Richard a rapidement su mettre de l’avant la plateforme du PQ en la matière, qui inclut entre autres le soutien à la création d’une faculté de médecine centrée sur les besoins en région, la valorisation des CLSC et la rémunération des stages. De devoir se déplacer pour avoir accès à des services, c’est inacceptable, dit-elle. Ce qu’on a constaté au cours des dernières années, c’est une dégradation de l’offre.
On a amorcé un virage, on tourne un paquebot ici, s’est défendue Kateri Champagne Jourdain, qui appuie aussi la formation de médecins sur la Côte-Nord.
Vous avez parlé d’un paquebot, vous lui avez ajouté une barge, a rétorqué M. Stéa, en référence à la création de Santé Québec. Selon lui, cette société d’État, que le Parti conservateur du Québec veut abolir, est à l’origine de dépenses farfelues. Le réseau de la santé est d’une lourdeur administrative incommensurable, a-t-il ajouté.
Selon sa vis-à-vis caquiste, toutefois, la promesse du PCQ de couper 47 milliards de dollars en dépenses de l’État est incompatible avec sa promesse d’améliorer les soins de santé à la population.

Main-d'œuvre indépendante, accès aux soins, Santé Québec, le système de santé a été un des sujets chauds du débat. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
La sécurité, encore
Autre sujet chaud sur la Côte-Nord : la criminalité, en raison de la montée en flèche du nombre de crimes violents dans la région.
J’habite dans une rue où il y avait deux maisons de consommation de drogue dure, et mes enfants passaient là chaque jour, a témoigné Kateri Champagne Jourdain. Si beaucoup de travail a été fait pour augmenter la sécurité des communautés, la CAQ promet 300 nouveaux policiers, a rappelé la députée sortante.
Encore une fois, Roberto Stéa a mené la charge sur le bilan de la CAQ dans le domaine, qu’il qualifie de catastrophique en vue du taux de criminalité dans la région. Son parti, avance-t-il comme solution, veut faire bouger les jeunes. Des jeunes qui font du sport et qui sont actifs […] ont moins de chance de consommer de la drogue et se lancer dans les gangs de rue, a-t-il affirmé.
Le Parti québécois promet pour sa part de sensibiliser les jeunes aux différents types de violence. Il faut agir très tôt, il faut soutenir notre milieu communautaire, a affirmé Meggie Richard. Elle a aussi promis de nouvelles ressources policières, un appui aux équipes mixtes, ainsi qu’une implication plus importante des communautés locales.
Ce texte ne couvre qu’une partie des enjeux abordés par trois des candidats dans la circonscription de René-Lévesque. L’ensemble de leur joute oratoire est disponible sur OHdio, ICI TOU.TV (nouvelle fenêtre) et YouTube.
D’après un débat animé par Catherine Paquette et Alix-Anne Turcotti


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