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Deauville : pour sa 17e édition, le festival Planches Contact tisse des liens entre les générations et les époques

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La 17e édition du festival Planches Contact s'ouvrira ce week-end autour du thème « Générations » avec une quinzaine d'expositions à découvrir aux quatre coins de Deauville.

Les expositions de la 17e édition du Festival Planches Contact sont actuellement en cours de montage à Deauville.

À Deauville, le montage des expositions de la 17e édition du Festival Planches Contact se termine. ©Marie-Madeleine REMOLEUR

Par Marie-Madeleine Remoleur Publié le 13 oct. 2026 à 18h10

« La photographie fabrique des liens entre les personnes, entre les époques, entre les générations », écrivent Lionel Charrier et Jonas Tebib, co-directeurs artistiques du festival Planches Contact. Des générations qui, cette année, pour la 17e édition du festival de création photographique de Deauville (Calvados), incarneront un fil conducteur, au gré des expositions et des projets.

« Des archives familiales ressurgissent des tiroirs. La jeunesse cherche sa place dans un monde traversé par les incertitudes climatiques, sociales et géopolitiques. Certains artistes retournent vers les images anciennes pour comprendre le présent. D’autres observent ce qui est déjà en train de disparaître. Mais partout surgit aussi une énergie : celle de transmettre autrement, d’inventer de nouvelles manières d’habiter le monde, de créer, de faire société ».

Des générations devant et derrière l’objectif

Sur la plage, le festival a invité Bruce Gilden, figure majeure de la photographie américaine et membre de Magnum Photos, dialoguant avec l’exposition de Cristina de Middel, actuelle présidente de Magnum. « Leurs travaux résonnent avec l’histoire de cette agence légendaire et avec le projet Generation X, initié dans les années 1950 par les fondateurs de Magnum, offrant un regard inédit sur les générations d’hier et d’aujourd’hui », précisent les co-directeurs artistiques. Sur la Presqu’île de la Touques, l’exposition « Jeunes Générations, 10 ans après » liée à une commande publique du Ministère de la Culture et du Centre National des Arts Plastiques, retrouve une résonance particulière grâce au fil rouge de cette édition de Planches contact.

Aux Franciscaines, au Point de vue ou sur la plage, le festival permettra de découvrir les projets de photographes invités en résidence à Deauville, qui ont sillonné la Normandie pour poser des regards sur le territoire. Des histoires de générations et de famille se raconteront en image. Ed Alcock mène une enquête autour de sa famille, de l’île de Wight à Deauville, tandis que Cristina de Middel est allée photographier la jeunesse de Cherbourg, dans les décors du film de Jacques Demy, dans une terre marquée aujourd’hui par l’industrie nucléaire. Le photographe américain Bruce Gilden a lui choisi d’aller à la rencontre de jeunes évoluant dans le monde agricole normand, et Lise Sarfati continue d’explorer les relations entre l’individu, l’architecture et l’espace public.

Des générations de photographes se succèdent derrière l’appareil. Avec Souvenirs d’Honfleur, Alain Keler revient sur sa jeunesse et les années passées au lycée Albert Sorel d’Honfleur entre 1961 et 1964, période fondatrice de son adolescence, tandis que son fils, Léo, a choisi de replonger dans les cahiers de doléances rédigés lors du Grand Débat national de 2019, suite à la crise des Gilets jaunes.

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Des familles capturées par Tom Wood

En résidence à Deauville, le photographe de rue, portraitiste et paysagiste irlandais Tom Wood a fait défiler les générations devant son objectif. Dans ses projets passés, celui qui avait été qualifié par Martin Parr de « génie méconnu de la photographie britannique » a souvent posé son regard sur les familles. Un travail engagé avec Mères, filles, sœurs entre les années 1970 et 1990 autour des relations familiales et des différentes générations.

À Deauville, il a immortalisé des familles, qu’importe leur forme, leur histoire, leur amour. Des couples, des frères et sœurs, des grands-mères et petits-enfants, des amis. Des générations qui se sont succédé devant son appareil, avec leurs récits, leurs visages, incarnant une grande collection de portraits d’anonymes, enrichissant ce grand album de famille.

Des rendez-vous

Comme pour chaque édition, l'équipe du festival a concocté un programme de rencontres pour explorer pleinement la thématique de l'édition, et découvrir plus en profondeur le travail des photographes invités. Notamment lors du Week-end inaugural où l'on pourra écouter deux générations de photographes, Alain et Léo Keler, la photographe iranienne Newsha Tavakolian ou Cristina de Middel ; participer à une expérience en images et en musique avec Oleñka Carrasco et La Chica du Prix Swiss Life...
À l'occasion du bicentenaire de la photographie, on pourra aussi explorer La Malle des bicentenaires, une capsule temporelle entièrement consacrée à la photographie francophone, mais aussi découvrir la technique du collodion humide avec Clément Marion ou assister à la naissance d'une image avec le tireur Diamantino.
Le week-end sera aussi marqué par des remises de prix, le concours de la 25e heure, des vernissages...

D’autres projets à découvrir

Au-delà de ces artistes invités, le festival met à l’honneur la jeune génération avec les quatre lauréats du Prix de la jeune création photographique. Quatre projets qui permettent d’explorer la mémoire collective liée à la Seconde Guerre mondiale avec Mathias Benguigui, les épaves, « l’héritage toxique » de cette même guerre avec Juliette Pavy, mais aussi de découvrir les rêves des aidants normands avec Flore Prébay ou de partager les nuits de certains avec Emeline Sauser. Autant de regards et d’histoires intimes contées avec poésie.

Enfin, comme chaque année, quatre photographes de la Fondation Photo4food participent à l’aventure. On y découvre Claire Adelfang qui a consacré une série photographique à la Filature Levavasseur, ancien joyau industriel de l’Eure aujourd’hui abandonné. Sylvie Bonnot développe de son côté « une exploration métaphorique de la notion de lien au sein des rivages mouvants de Normandie et en écho à la pensée de Tim Ingold », tandis que Cécile Genest « invoque le fantasme d’un paysage originel par la mise en lumière d’une nature ensauvagée ». Enfin, Tina Merandon explore « les liens intenses qui unissent l’homme, l’animal et la nature ».

Une résidence hors les murs

Comme l'année dernière, le festival Planches Contact poursuit sa résidence hors les murs. Après le Liban, le festival s'est tourné vers la photographe iranienne Newsha Tavakolia.

Du 17 octobre au 3 janvier, à Deauville, sur la plage, au Point de vue, aux Franciscaines ou encore sur la Presqu’île de la Touques. Plus d’informations sur le site : planchescontact.fr.

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