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De la sécheresse aux pluies diluviennes : le scénario qui menace la France cet automne

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Depuis le début des années 2020, la France semble sans arrêt passer d'un extrême à l'autre : des canicules et sécheresses historiques l'été, aux pluies diluviennes et inondations à l'automne et à l'hiver. Les deux dernières années, 2024 et 2025, en sont la preuve. L'été météorologique 2026 (de début juin à fin août) est en train de s'achever avec des sols extrêmement secs. Le déficit de pluie atteint des niveaux records au nord de la France. A Dunkerque, dans le département du Nord, il n'a pas plu pendant 47 jours, du jamais-vu depuis le début des relevés météo. Ce nouveau record de déficit de précipitations pulvérise le précédent de 9 jours supplémentaires : 38 jours consécutifs sans pluie dans la ville en 1962.

En 25 ans, nous avons compris comment la hausse mondiale des température peut perturber le courant qui régit la météo en Europe. © Karine Durand, ChatGPT

25 ans une bascule : quand la science a compris que le jet stream déraillait au point de bloquer notre météo

Futura fête ses 25 ans en 2026, et au cours des 25 dernières années, la science climatique a fait un bond spectaculaire : la compréhension du climat a changé, notamment grâce aux relevés météo, à l’aviation, mais aussi grâce au développement des outils satellites. Depuis le début des années 2000, la météo semble être de plus en plus bloquée en France : des pluies incessantes l'hiver, et des canicules au printemps et à l'été. Ce n'est qu'au cours des dernières années que les scientifiques ont compris pourquoi : le jet stream déraille !... Lire la suite

Ces jours-ci, le contexte météorologique a subitement changé : la pluie a fait son grand retour, au sud comme au nord, et cette situation perturbée va persister jusqu'à la fin du mois. La sécheresse de surface s'est donc nettement améliorée, mais pas l'état des nappes phréatiques : « La vidange des nappes phréatiques continue avec 92 % des niveaux en baisse. La situation globale se dégrade avec 64 % des points d'observation en-dessous des normales mensuelles » annonce le BRGM. « Les faibles pluies tombées, souvent pendant des orages, ont à peine été bénéfiques pour la végétation. De plus, l'augmentation des prélèvements liés à des températures élevées ont accentué la vidange naturelle des nappes à cette période de l'année ».

L'état des nappes phréatiques au 15 août 2026. © BRGM 

Un automne anormalement pluvieux en prévision

L'automne 2026 devrait être radicalement différent : Copernicus, l'organisme européen de surveillance du climat, estime actuellement que la France connaisse des précipitations anormalement élevées sur la période septembre - octobre - novembre :

En vert, les zones où les pluies s'annoncent anormalement élevées en septembre-octobre-novembre. © Copernicus

Tous les facteurs sont en effet réunis pour mener à de fortes pluies récurrentes ces prochains mois, avec forcément, un risque important d'inondations :

  • un réchauffement global du climat, très fort en Europe, qui provoque une plus grande évaporation des eaux de surface des océans. Cette vapeur d'eau vient ensuite remplir de précipitations les systèmes météo de type dépressions et orages
  • une véritable canicule marine en mer Méditerranée : cette chaleur humide a le pouvoir de booster l'intensité des précipitations dans les orages. « Mi-août, les écarts les plus forts aux références climatologiques, dépassant localement +5 °C au-dessus de la moyenne, ont été enregistrés dans l'ouest de la mer Méditerranée, notamment dans le golfe du Lion, ainsi qu'au large des côtes du sud de la France » annonce Météo France. La chaleur de la mer ne déclenche pas en elle-même des épisodes méditerranéens ou cévenols, mais si un de ces épisodes se met en place, le risque de connaître des précipitations intenses est plus grand ;    
  • un phénomène El Niño dont l'intensité est envisagée comme sans précédent depuis la fin des années 1800 : cette phase climatique, même lorsqu'elle est classique, est souvent associée à un temps perturbé, humide et venté en France à l'automne-hiver ;
  • des ondulations de plus en plus marquées du jet-stream : ce courant de haute altitude fait des boucles, vers le sud, ou vers le nord, de plus en plus marquées. Ces boucles peuvent piéger des situations sèches et chaudes (comme cet été) ou des situations durablement perturbées sur la France

Entre sécheresses et inondations, la disponibilité en eau dépend d’un équilibre fragile entre précipitations et évapotranspiration. © Q-Zack, Adobe Stock

La façon dont les climatologues mesuraient le cycle de l'eau depuis des décennies ne suffit plus à prédire les crises à venir

Lorsqu’on parle de climat, la question revient sans cesse : quelle quantité de pluie est tombée ? Pourtant, un autre paramètre pourrait s’avérer bien plus déterminant pour comprendre l’avenir de l’eau sur Terre. Des chercheurs viennent de mettre en lumière un mécanisme clé du cycle hydrologique, capable d’amplifier les effets du changement climatique bien au-delà de ce que l’on imaginait.... Lire la suite

Le phénomène de coup de fouet hydroclimatique

L'année 2026 risque donc d'être marqué par une nouvelle succession d'extrêmes météorologiques : après un été à la chaleur infernale, un automne aux pluies diluviennes. Il s'agit d'un phénomène connu sous le nom de « coup de fouet hydroclimatique » (ou hydroclimate whiplash en anglais). Ce dérèglement du cycle de l’eau, lié au réchauffement climatique, se caractérise par une transition rapide et brutale entre un état très sec et un état très humide, ou inversement, comme le précise une étude de 2025 publiée dans la revue Nature Reviews Earth & Environment.

De fortes pluies l'hiver n'empêchent pas une sécheresse extrême l'été suivant. © emerald_media, Adobe Stock

Les chercheurs montrent que ces périodes de coup de fouet hydroclimatique se sont intensifiées depuis 1950. Cela se traduit par des pluies de plus en plus extrêmes liées à l'humidité dans l'atmosphère, tout en connaissant une sécheresse de plus en plus sévère liée à la chaleur qui s'accentue.

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