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On savait déjà que l'ADN humain niché dans des grottes anciennes pouvait traverser les millénaires. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications montre désormais que certaines de ces traces moléculaires datant de la période des chasseurs-cueilleurs occidentaux (entre 16.800 et 5.000 avant notre ère) peuvent subsister directement sur des peintures rupestres. Une avancée qui laisse penser que les Néandertaliens étaient, eux aussi, les auteurs de certaines œuvres ornant leurs habitats.
«C'est le début d'une nouvelle ère, a déclaré Genevieve von Petzinger, anthropologue à l'Université du Witwatersrand, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cela nous offre la possibilité d'identifier les véritables artistes, les individus qui ont réalisé ces œuvres. C'est extraordinaire.»
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Pour arriver à cette conclusion, une équipe de chercheurs du projet dédié à la compréhension de l'art préhistorique First Art a prélevé des échantillons dans une dizaine de grottes situées en Espagne et au Portugal. Les minuscules copeaux de peinture ont ensuite été finement analysés en laboratoire, comme le détaille un article de New Scientist.
L'art rupestre est souvent créé en crachant de la peinture ou en l'appliquant directement sur les parois avec les mains. Les archéologues ont donc cherché des traces d'ADN humain dans leurs échantillons. Leur découverte est inédite. Pour la première fois, de l'ADN ancien a été trouvé sur les parois d'une grotte –et non dans les sédiments, comme lors de précédentes fouilles.
Les scientifiques appellent toutefois à la prudence: il est encore trop tôt pour attribuer ces molécules aux artistes. «L'ADN pourrait provenir de quelqu'un qui a touché les dessins par la suite, ou simplement de quelqu'un qui a éternué», précise la doctorante Alba Bossoms Mesa, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire à Leipzig, en Allemagne.
Pas de datation précise
Les échantillons prélevés ont également levé le voile sur le profil des individus dont ils proviennent: trois femmes et un homme. La quantité d'ADN prélevée ne permettait pas d'effectuer une datation précise. Les chercheurs disposent néanmoins d'un repère chronologique: la grotte d'Escoural, où plusieurs particules ont été extraites, a été scellée il y a environ cinq millénaires. L'ADN retrouvé est donc antérieur à cette fermeture naturelle.
Cette étude apporte une nouvelle pierre à l'édifice de la compréhension de l'art rupestre. Début juin, plusieurs chercheurs du projet First Art ont réalisé un échantillonnage dans d'autres grottes espagnoles, dont Nerja et Ardales, connues pour abriter des œuvres d'art attribuées aux Néandertaliens.
Ces fouilles permettront peut-être de lever le voile sur plusieurs questions qui divisent les spécialistes: «Les artistes étaient-ils des hommes, des femmes ou les deux? Les dessins d'animaux d'un même panneau ont-ils été réalisés par un seul artiste? Pouvons-nous trouver de l'ADN néandertalien ou dénisovien? Le potentiel est énorme», souligne Francesco d'Errico, directeur de recherche CNRS en préhistoire à l'Université de Bordeaux.
Une réalité a toutefois douché certains espoirs. Sur 24 panneaux d'art rupestre analysés, un seul contenait de l'ADN ancien. La conservation semble donc relever de l'exception plutôt que de la règle. Les archéologues gardent pourtant espoir. Selon eux, leur capacité à extraire de minuscules quantités de molécules s'affine à mesure qu'ils multiplient les campagnes d'échantillonnage dans les grottes. «Ces nouvelles découvertes nous offrent la possibilité de mettre au jour et de reconstituer des histoires entièrement nouvelles, des histoires qui nous aideront à mieux comprendre les peuples et les sociétés du passé», conclut Alba Bossoms Mesa.





























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