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Malgré la déclaration de David Eby contre Ottawa dans le dossier du bois d’oeuvre et les quelques petites annonces de son gouvernement, le dossier de la Loi sur la Déclaration des droits des peuples autochtones (DRIPA) a continué de peser sur les néo-démocrates qui chutent en popularité, selon un sondage et des experts.
Le gouvernement du premier ministre de la Colombie-Britannique s’est retrouvé sur la défensive à plusieurs reprises cette semaine sur la question de la DRIPA.
D’abord, des tribus autochtones de l’État de Washington et de l’Alaska poursuivent la province contre des projets miniers sur son territoire et ils ont ajouté la DRIPA dans leurs arguments.
Qu'est-ce que la DRIPA?
Adoptée en 2019, la Loi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (DRIPA) est une loi provinciale de la Colombie-Britannique devant notamment conduire à l'harmonisation du régime législatif et des décisions du gouvernement avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Bien que ce litige découle d'abord d'un jugement de la Cour suprême du Canada de 2021 sur les droits transfrontaliers, David Eby a admis que le jugement Gitxaala sur les droits miniers complique la donne.
Puis, la présidente du Conseil des entreprises de la Colombie-Britannique, Laura Jones, a sonné l’alarme en affirmant que plusieurs de ses membres ont décidé de ne pas investir en Colombie-Britannique. D'autres ont réduit leurs effectifs en raison de l’incertitude créée par la DRIPA depuis les jugements Cowichan et Gitxaala.
Environ 95 % des terres en Colombie-Britannique sont des terres de la Couronne. Et, selon nos estimations, environ 30 à 40 % de notre PIB est généré sur ces terres publiques. Nous ne sommes pas certains de l’impact de la DRIPA sur ces terres, et l’incertitude est là.
C'est un constat qu’a rejeté le ministre de l’Emploi, Ravi Kahlon, qui affirme que les chiffres de la province dressent un tout autre portrait, soit 88 milliards de dollars en investissements dans des grands projets miniers, de gaz naturel liquéfié, solaire et éolien.
Toutefois, Laura Jones souligne que plusieurs de ces projets n’ont pas encore reçu la décision finale d’investissement.
C’est une vision à court terme. Ces projets iront-ils tous de l’avant? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que la confiance des entreprises dégringole.
En effet, l’indice de confiance des petites entreprises en Colombie-Britannique figure parmi les plus faibles au Canada.
Le coup politique des volte-face de David Eby
Que ce soit les chefs autochtones, les partis de l’opposition ou des entrepreneurs, les multiples volte-face de David Eby ont miné la confiance de ces groupes.
Et il faudra attendre à l’automne avant de voir le projet de loi du Nouveau Parti démocratique (NPD) pour modifier la DRIPA.
Selon le politologue Stewart Prest, David Eby n’a pas réussi à communiquer de manière claire au public pourquoi son gouvernement souhaite modifier la DRIPA et dans quelle direction il se dirige à l’automne.
D’un côté, David Eby a martelé l’importance de modifier la DRIPA le plus rapidement possible pour finalement prendre un pas de recul. Ce va-et-vient est mélangeant et a fait en sorte que le NPD a perdu sa crédibilité.
Ce manque de confiance s’est concrétisé dans le dernier sondage de la firme Angus Reid. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le soutien pour le NPD est en chute libre.
Selon le sondage, la cote de confiance de David Eby a chuté de 20 points en un an pour s'établir à 33 %.

Il y a un an, la cote de confiance du premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, se situait à 53 %, selon la firme de sondage Angus Reid. Cette cote a baissé à 33 %, une chute de 20 % attribuable notamment à la gestion de David Eby du dossier sur les droits des Autochtones.
Photo : Angus Reid
Par ailleurs, 47 % des personnes sondées ont appuyé l'abrogation de la DRIPA, dont 26 % des répondants qui ont voté pour le NPD lors de l'élection provinciale de 2024.
Stewart Prest rappelle qu'il faut prendre le sondage avec un grain de sel, mais [que celui-ci] lance un message au NPD et à David Eby.
Alors, comment se sortir de ce marasme politique?
Plusieurs intervenants, comme M. Prest, Mme Jones ou les cheffes Shana Thomas et Judith Sayers s’entendent pour dire que David Eby pourrait s’inspirer de son prédécesseur John Horgan, qui n’avait pas peur d’admettre quand il avait tort et de s'asseoir avec toutes les parties pour trouver un compromis.
La Cour suprême du Canada pourrait aussi désamorcer la situation en annulant la décision de la Cour d'appel de la Colombie-Britannique selon laquelle les lois provinciales doivent toutes s’harmoniser avec la DRIPA.
Et si la communication du NPD ne s’améliore pas et que les sondages continuent dans cette lignée, un changement de leader pourrait s’imposer avant les élections en 2028.
Le NPD a obtenu une majorité avec un seul siège. Si M. Eby n'est pas capable d'orienter le parti dans une direction plus positive, nous commencerons à entendre des personnes demander s'il est la bonne personne pour diriger le NPD aux prochaines élections.
Méthodologie
Le sondage (nouvelle fenêtre) (en anglais seulement) Angus Reid a été réalisé en ligne du 24 au 28 avril 2026 auprès de 804 Britanno-Colombiens. À titre comparatif, pour un échantillon probabiliste de cette taille, la marge d’erreur est de ± 3 points de pourcentage, 19 fois sur 20.


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