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David Bowie : dernier acte (Arte) : retour sur une carrière flamboyante

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David Bowie.

David Bowie. dpa/Arte

Ce film de Jonathan Stiasny retrace avec originalité le parcours du génial musicien britannique décédé il y a dix ans.

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Le 10 janvier dernier marquait le dixième anniversaire de la disparition de David Bowie . Deux jours avant sa mort, le chanteur anglais sortait un des meilleurs albums de sa longue carrière, Blackstar. Un disque sombre, audacieux et puissant, qui marquait une nouvelle étape dans un parcours placé sous le signe du changement permanent. Afin de célébrer cet anniversaire, Arte diffuse David Bowie : dernier acte .

Le film commence ainsi avec son dernier opus, considéré par son complice Tony Visconti comme son propre requiem. L’homme, qui collabora avec lui de 1969 à 2015, avec des interruptions, est un des témoins clés de ce film souvent passionnant. Son guitariste Earl Slick, la chanteuse et amie Dana Gillespie, son ancien producteur de tournées et d’autres complètent ce portrait d’un artiste très influent. L’originalité de ce documentaire est son découpage par séquences non chronologiques. L’histoire commence ainsi en 1983, année du triomphe public de Let’s Dance, qui fait de Bowie une superstar mondiale. Earl Slick se rappelle les stades visités par cette tournée. C’est sous son apparence de crooner grand public à la peau bronzée et au brushing impeccable que la plupart d’entre nous ont découvert le chanteur. Une image réductrice que l’homme s’appliquera à casser avec acharnement dans les années qui suivirent.

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Artiste expérimental

« Bowie était comme un gamin avec plein de jouets dont il se lassait vite », commente son ancien guitariste. L’auteur Hanif Kureishi se rappelle pour sa part un homme qui coupait les ponts assez brutalement une fois qu’il n’avait plus besoin de vous. On est loin de l’hagiographie avec ce film qui accorde une place importante à la dernière partie de sa carrière. On y entend une analyse de la pitoyable aventure Tin Machine, pendant laquelle Bowie a cru bon de se fondre dans un groupe de rock absolument sans odeur et sans saveur. Le critique anglais qui avait détruit leur second album regrette juste que son papier, d’une violence inouïe, ait fait pleurer l’artiste. Mais ce confrère a raison : il n’y a rien à sauver de cette expérience totalement ratée.

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Le film fait apparaître assez nettement ce qu’a représenté la carrière de Bowie dans les années 1990, après les triomphes grand public de la décennie précédente. Avant la tournée Sound & Vision, Bowie avait promis de jouer ses plus grands tubes pour la dernière fois de sa vie. « À quoi bon ressasser le passé ? », dit-il ainsi dans une conférence de presse. Il est vrai qu’avec la séquence d’albums allant de Black Tie White Noise à Hours, Bowie était redevenu un artiste expérimental, au public plus restreint. Il faudra sa participation à l’édition de 2000 du festival de Glastonbury pour qu’il se réconcilie avec toutes ses périodes et se remette à chanter les tubes.

Le film s’offre bien sûr des excursions dans son passé, notamment les débuts de sa carrière, mais aussi la révélation Ziggy Stardust et les différents masques portés par le chanteur dans les années 1970. Une décennie en forme de sans-faute de la part d’un artiste qui a contribué à modeler l’avenir de la pop mondiale. Très documenté, très fouillé, fourmillant d’images parfois rares, ce film est un modèle qui, pour une fois, laisse beaucoup de place à la musique elle-même. Ainsi, la démonstration du son du Mellotron par le pianiste virtuose Rick Wakeman, collaborateur des débuts de Bowie. Le documentaire rappelle aussi la fascination pour l’espace de l’auteur de Space Oddity, premier succès du chanteur, en 1969. Le récit de sa première participation à Glastonbury par son amie Dana Gillespie est absolument délicieux aussi. On regrettera juste le doublage en français - qui fait encore ça en 2026 ? - mais on se régale des chansons de ce génie de la pop, au répertoire inusable.

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