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Dans les Prairies, des prévisions météorologiques rendent certains agriculteurs optimistes

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Selon les premières prévisions météorologiques, la majeure partie de la région agricole des Prairies devrait connaître des niveaux de précipitations relativement normaux ce printemps et cet été. Mais un été chaud et de faibles niveaux d’humidité de sol pourraient ajouter des défis à une saison agricole déjà mouvementée.

Les prévisions indiquent un printemps plus chaud que la normale dans le sud des Prairies, et un temps un peu plus conforme à la normale à mesure que l'on remonte vers le nord, explique Trevor Hadwen, spécialiste du climat agricole à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

En ce qui concerne les prévisions de précipitations, nous ne voyons pas beaucoup d’indicateurs forts laissant présager des niveaux supérieurs ou inférieurs à la normale.

Il ajoute que les chutes de neige ont été relativement abondantes dans une grande partie du sud des Prairies. Cependant, les cycles de gel et de dégel ont réduit la couverture de neige accumulée dans des régions comme le sud de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. Selon lui, ce sont ces régions qui suscitent le plus d’inquiétudes en matière de sécheresse pour le moment.

De bonnes nouvelles pour certains, des inquiétudes pour d'autres

Au Manitoba, les températures froides persistantes, associées à des précipitations hivernales régulières, devraient entraîner un important écoulement printanier et saturer le sol d’une humidité dont il a grandement besoin.

Si le scénario se confirme, ce sera un soulagement pour les producteurs des régions de Parkland et d’Entre-les-lacs, qui ont connu des périodes de sécheresse l’année dernière.

Les conditions au Manitoba sont bien meilleures que l’année dernière : nous avons constaté un très bon niveau d’humidité dans les zones qui étaient sèches , ajoute Trevor Hadwen.

Alors que le sud du Manitoba n'a pas été touché par la pire sécheresse de 2025, et a même vu des précipitations extrêmes vers la fin de la dernière saison des cultures, les agriculteurs attendent toujours avec impatience une année de conditions météorologiques normales.

Pour que les cultures démarrent et se développent, nous disposerons certainement d'une humidité suffisante. Beaucoup de choses dépendront de la chaleur qui régnera en juin et juillet, ainsi que de l'opportunité des pluies qui pourraient survenir à cette période, explique Charles Fossay, un producteur céréalier. Ce dernier a indiqué que les pluies de l’automne 2025 avaient laissé sa ferme de Starbuck, près de Winnipeg, tellement détrempée qu’il n’avait pas pu fertiliser son sol à la fin de la saison.

Un homme devant des silos de graines.

Charles Fossay a une ferme près de Winnipeg et prévoit de cultiver du canola, de l’avoine, du blé, du soja et un peu d’avoine cette saison.

Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox

Il espère une saison marquée par des précipitations régulières et des températures douces.

L'année dernière, nous avons eu environ 150 mm de pluie vers le 20 mai et nous avons dû ressortir pour réensemencer de nombreux champs, car les graines avaient été noyées.

Nous n'avons pas d'irrigation, du moins pour les cultures céréalières normales. La plupart d'entre nous devons simplement compter sur Dame Nature et sur des pluies qui tombent au bon moment pour permettre aux cultures de pousser et d'arriver à maturité.

Des périodes de sécheresse prolongées, comme celles prédites actuellement pour des portions de l’Alberta et la Saskatchewan, peuvent être dévastatrices.

Il y a une région du sud de la Saskatchewan où les récoltes sont inférieures à la moyenne depuis huit années consécutives. Ces agriculteurs ont donc beaucoup de mal à subvenir à leurs besoins, à payer leurs factures, explique Charles Fossay.

Difficile d'obtenir des prévisions complètes

Trevor Hadwen estime qu'il est trop tôt pour dire si Charles Fossay et les autres agriculteurs verront leur souhait de pluies régulières se réaliser.

Lorsque Environnement Canada prévoit des précipitations proches de la normale, cela ne signifie pas nécessairement qu'elles seront proches de la normale chaque semaine de l'année ou chaque semaine de ces trois mois. Cela signifie qu'elles seront proches de la normale sur l'ensemble de cette période de trois mois.

Une carte qui montre les condititions sèches du pays.

Les zones touchées par des conditions de sécheresse ont diminué au cours de l'hiver en Saskatchewan et au Manitoba, et la tendance devrait continuer dans les prochains mois.

Photo : Agriculture et Agroalimetaire Canada

Le spécialiste ajoute qu’il est particulièrement difficile de prévoir les conditions météorologiques dans la région des Prairies (nouvelle fenêtre), en raison de son éloignement des océans, principaux déterminants des conditions météorologiques.

Nous devons prendre en compte de nombreux facteurs, pas seulement la température de l’océan, mais aussi le courant-jet, qui va créer des configurations de blocage, ainsi qu’un certain nombre d’autres éléments pouvant influencer la manière dont le climat commence à changer et à réagir au cours d’une année donnée.

Malgré toutes ces inconnues, Charles Fossay reste optimiste. Après la réduction des droits de douane chinois sur le canola canadien et les sécheresses actuelles aux États-Unis, les prix de bon nombre de ses cultures de base devraient être élevés. Il espère que de bonnes ventes et un rendement élevé compenseront les coûts de production supérieurs à la normale, dus à la guerre au Moyen-Orient

Nous allons devoir faire face à de nombreux obstacles liés aux engrais, au carburant et à bien d’autres choses qui finiront par se répercuter sur d’autres coûts, comme le transport de nos céréales vers le port ou le coût des produits chimiques. Nous allons donc devoir relever un certain nombre de défis, reconnaît-il.

Il ne nous reste plus qu’à attendre de voir ce que le reste du printemps nous réserve.

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