A 2400 m d’altitude, les arbres se font de plus en plus épars. Le Val da Camp, dans la région de Bernina, dévoile un cirque de montagnes au-dessus du lac de Val Viola. Ingrid Jansen et Simon Gysi ont quitté le chemin pour s’aventurer à travers un imposant pierrier. Ils pointent du doigt une crête où se hérissent encore quelques conifères: «C’est là que nous allons cartographier», lancent-ils, avant de reprendre leur route, de rocher en rocher. Après plus d’une heure de marche, le véritable travail commence, les yeux rivés au sol. Nous pourrions être dans les aventures d’Astérix et Obélix chez les Helvètes, à la recherche d’un précieux edelweiss.
Sauf qu’ici, ce n’est pas ce que sont venus trouver nos deux randonneurs, qui sortent leur loupe de précision et leur réglette de poche pour admirer et entrer les informations de spécimens de Cardamine resedifolia et d’Euphrasia minima – cardamine à feuilles de réséda et euphraise naine, pour ceux qui ne parlent pas couramment latin. Si Ingrid Jansen et Simon Gysi sont à quatre pattes dans ce coin reculé des Grisons – trois trains, deux cars postaux et quatre heures trente de trajet depuis Zurich –, c’est pour une raison bien précise: cartographier l’intégralité des plantes vasculaires du plus vaste canton de Suisse. Elle en tant que coordinatrice, lui comme bénévole.


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