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Dominic LeBlanc a été assez occupé en 2025, c'est le moins qu'on puisse dire. L’Acadien a cumulé bon nombre de fonctions ministérielles à Ottawa en plus d’être dans l’équipe des négociations tarifaires avec les États-Unis. En entrevue de fin d’année, il nous amène dans les coulisses des 12 derniers mois, une période qui n’aura pas été de tout repos.
Dominic Leblanc semble débordant d’énergie, malgré les nombreux allers-retours qu’il a effectués cette année entre Ottawa, Washington et sa circonscription de Beauséjour, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.
Il a débuté l’année comme ministre des Finances et des Affaires intergouvernementales sous le premier ministre Justin Trudeau, son ami de toujours.

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Dominic LeBlanc fait le point à l'ambassade canadienne à Washington, après avoir rencontré le président Donald Trump avec Mark Carney, le 7 octobre dernier.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Un changement de premier ministre, une élection et une guerre commerciale plus tard, il cumule maintenant les responsabilités de ministre du Commerce intérieur et ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, des Affaires intergouvernementales et de l’Unité de l’économie canadienne.
C’est tout un titre, difficile de mettre ça sur une carte d'affaires, lâche-t-il avant de préciser qu’il n’y en a pas trop sur son assiette.
C’est des fonctions précises et qui sont liées. L’Unité de l’économie canadienne, c'est les projets majeurs. Mark Carney, pendant la campagne électorale, a parlé de construire à nouveau de grandes choses au Canada, d’enlever les barrières au commerce interprovincial. Le fait qu’il faut de nouveau construire, diversifier nos marchés, est directement relié à la pression économique qui vient des États-Unis. C’est le pont entre [les deux], explique Dominic LeBlanc.
Une année marquée par la résilience
S’il y a un mot qui lui vient à l'esprit pour résumer son année 2025, c’est résilience. C’est qu’en plus de devoir trouver des façons de rendre l’économie canadienne plus résiliente, il s'estime chanceux de toujours être là.
L’Acadien a battu un lymphome non hodgkinien, après de longs mois de convalescence, en 2019.
J’ai failli mourir à 51 ans. Alors, chaque année, chaque Noël, chaque veille du Nouvel An, je constate que je suis chanceux d’être ici, d'être en santé. J’ai vraiment une appréciation et un enthousiasme pour mon travail et les responsabilités que M. Carney m’a données.
Trouver le juste équilibre
Malgré les nombreux allers-retours et les nuitées à l'extérieur de sa circonscription, il dit être encore très attaché à son coin de l’Acadie.
Je reviens toutes les semaines. J'habite pas à Ottawa, j'habite au Nouveau-Brunswick. J’essaie de revenir le jeudi soir et de partir les lundis matin quand le parlement est en session. Je commence peut-être à être trop vieux pour prendre l’avion à 6 h le lundi matin, c’est peut-être l’âge qui me rattrape, mais je reviens tout le temps.

Dominic LeBlanc a rencontré le secrétaire au Commerce des États-Unis, Howard Lutnick, à de nombreuses reprises en 2025 afin de négocier une entente visant à mettre fin aux tarifs douaniers imposés au Canada par le président Donald Trump. (Photo d'archives)
Photo : X / @DLeBlancNB
Et ce, même si les responsabilités fédérales le rattrapent de temps en temps. Lorsque Donald Trumpa annoncé la suspension des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, Dominic LeBlanc était dans un vol entre Ottawa et Moncton.
J’avais pas de wi-fi sur le vol. Il était 22 h 30 quand j'ai atterri à Moncton et que j’ai allumé mon téléphone. J’avais des textos et des appels manqués du secrétaire du commerce américain Howard Lutnick. Je l’ai rappelé dans le taxi entre l’aéroport et c’est là que j’ai appris la suspension des négociations, raconte-t-il.
J’étais déçu, mais encore là, l'imprévisibilité, c’est une marque de commerce de Donald Trump.
La déception était d’autant plus grande qu’une entente sectorielle sur l’acier, l’aluminium et l’énergie était presque signée, raconte M. LeBlanc. Et c’est sans compter le fait qu’une deuxième phase, incluant les automobiles et le bois d'œuvre, progressait bien.
On avait l’impression qu’on arrivait à une conclusion. On avait un plan de travail et on échangeait des ébauches d’une entente potentielle.
Une carrière politique d’un quart de siècle
En avril dernier, ce vieux routier de la politique est élu pour une neuvième fois dans sa circonscription de Beauséjour, région qu’il représente à la Chambre des communes depuis maintenant 25 ans.
Je suis très fier que neuf fois les gens de la circonscription m'ont donné leur confiance, je trouve ça tout à fait inspirant. C’est vraiment la seule job que j’ai eue pour la bonne partie de ma carrière et j'adore ce travail, les gens sont très gentils avec moi et ça m’inspire beaucoup.

Malgré son emploi du temps chargé en 2025, Dominic LeBlanc dit être reconnaissant pour les nombreuses responsabilités qui lui ont été confiées par le premier ministre Carney.
Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle
Malgré les nombreuses fonctions qu’il cumule et son emploi du temps chargé en raison des nombreux dossiers dont il est responsable à Ottawa, l’élu dit être bien au fait des enjeux locaux importants de sa circonscription.
J'ai une relation très positive avec les maires et élus provinciaux. Je parle souvent aux maires des municipalités ou à des députés provinciaux ou d'autres organismes dans le comté.
L'un de ces enjeux, c'est la centrale au gaz naturel dans la région de Tantramar, proposé par Énergie NB et piloté par une entreprise américaine. Nombre de citoyens et élus estiment manquer d'information sur ce projet.
Invité à se prononcer, Dominic LeBlanc ne se mouille pas.
Je pense que c'est une juridiction provinciale. Les députés provinciaux qui manquent d’informations devront aller chercher ça d’Énergie NB. Je sais qu’il y a des gens qui veulent que le fédéral prenne juridiction sur l’étude d’impact environnemental. Ce n’est pas possible, c’est bel et bien un enjeu provincial. Si je voulais faire de la politique provinciale, j'aurais été candidat aux dernières élections provinciales, dit-il.
En 2026, le ministre compte suivre la ligne établie par Mark Carney. Il espère notamment résorber l’effet des tarifs dans le secteur du bois d'œuvre, sévèrement touché par les droits de douane américains, et développer les projets locaux qui permettront d’assurer l’avenir économique de la région.
Je suis beaucoup touché par l'incertitude économique que vit nos concitoyens, j'essaie de faire ma petite partie pour les appuyer et les aider.
Une mission qu’il compte accomplir tout en s’assurant de garder la santé.
C’est le plus important, lance-t-il.


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