Lors d’une coloscopie de routine, des médecins mexicains ont découvert un cafard intact logé dans le côlon d’un patient de 38 ans. Le cas, publié dans le Mexican Journal of Gastroenterology, soulève une question aussi simple qu’inconfortable : comment y est-il entré ? La réponse la plus probable est la plus banale — et la plus difficile à accepter pour le patient concerné.
Ce que vous allez apprendre
- Comment un cafard a pu se retrouver intact dans le gros intestin d’un patient parfaitement éveillé
- Pourquoi la préparation intestinale avant coloscopie explique paradoxalement la bonne conservation de l’insecte
- Ce que ce cas révèle sur la fréquence, finalement pas si exceptionnelle, de ce type de découverte
Une coloscopie, une caméra, et une mauvaise surprise
La coloscopie est un examen de routine. On insère une caméra flexible dans le rectum pour examiner l’intérieur du côlon, détecter des polypes, des tumeurs ou des foyers inflammatoires. Le patient est sous sédation. Les médecins regardent l’écran. Ils avancent.
Lorsqu’ils atteignent la valve iléo-cæcale — le sphincter qui relie l’intestin grêle au gros intestin — quelque chose retient leur attention sur la muqueuse rose pâle. Un insecte. Intact. Collé à la paroi intestinale.
Après extraction à l’aide d’un panier de récupération chirurgical, l’identification ne laisse aucun doute : c’est un cafard. Remarquablement bien conservé.
Comment l’insecte a survécu au transit
La réponse tient à une particularité de la procédure elle-même. Avant toute coloscopie, les patients ingèrent une préparation intestinale qui vide intégralement le côlon. Ce processus accélère considérablement le transit — ce qui signifie que tout ce qui se trouvait dans le tube digestif au moment de la prise a été évacué rapidement, sans le temps habituel de dégradation enzymatique et bactérienne.
Le cafard, avalé à un moment indéterminé, a bénéficié de ce transit accéléré. Plutôt que d’être progressivement digéré, il a été acheminé et conservé dans des conditions proches du vide alimentaire.
La réaction du patient : la stupéfaction
Lorsque le patient s’est réveillé de la sédation, les médecins lui ont annoncé leur découverte. Sa réaction, rapportée dans l’article, tient en un mot : stupéfaction. Il ne comprenait pas comment cela avait pu se produire.
L’hypothèse la plus vraisemblable reste l’ingestion inconsciente durant le sommeil. Contrairement à l’idée populaire selon laquelle nous avalerions régulièrement des araignées la nuit — un mythe bien documenté —, avaler accidentellement un insecte de la taille d’un cafard pendant le sommeil reste plausible, même si peu fréquent.
L’autre entrée théoriquement possible, l’auteur de l’article l’évoque avec une sobriété scientifique appréciable en mentionnant les perce-oreilles, seuls insectes réellement connus pour considérer certaines cavités corporelles comme une entrée. Ce n’est pas le cas des cafards.
Crédit : J Rodriguez-Castellot, P Alonso-Castellano 2025 Image clinique en gastroentérologie
Pas si exceptionnel qu’il y paraît
Ce qui surprend davantage que la découverte elle-même, c’est qu’elle n’est pas unique. La littérature médicale recense d’autres cas d’insectes découverts lors de coloscopies — dont une coccinelle retrouvée dans le côlon d’un homme de 59 ans. Ces découvertes restent rares, mais elles existent.
Les auteurs de l’étude en tirent une conclusion que tout gastro-entérologue appréciera : lors d’une coloscopie, il faut être prêt à toute éventualité.


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