Il faut un quart d’heure de train depuis Zurich pour atteindre la gare d’Otelfingen. D’un côté des rails, quelques petits immeubles, une route et un restaurant thaïlandais, de l’autre, des champs à perte de vue. Une notification résonne: «Nous avons hâte de vous voir! Votre conducteur viendra vous chercher à 14h41 à l’emplacement suivant: Bahnhof Otelfingen Nord.» Avec un peu moins de 3000 habitants, cette commune de la vallée de la Furt a peu de points communs avec la Silicon Valley. Elle est pourtant le berceau d’une petite révolution: le premier service de robotaxis en libre-service de Suisse.
San Francisco, Phoenix et Los Angeles ont Waymo. Dänikon, Hüttikon et Boppelsen ont iAMO (pour intelligente automatisierte Mobilität). Une Nissan Ariya gris et bleu s’immobilise sur le parking de la gare. Sur son toit et ses flancs, des caméras qui ressemblent à des gyrophares noirs. Depuis le 28 septembre, les trois autos de ce projet pilote sont accessibles via une application et sillonnent les rues de la région. Le volant tourne peut-être sans qu’on le touche mais un chauffeur reste présent sur le siège conducteur: «Je suis simplement présent pour des raisons de sécurité. La voiture conduit toute seule. Mais si quelqu’un doit intervenir, je suis là», rassure-t-il.


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