Quand on parle aux murs de l’abbatiale de Bellelay, ils répondent pendant dix secondes. Une résonance si longue que les artistes qui s’y produisent doivent apprendre à calmer le jeu. Depuis le début du XVIIIe siècle, dans cette église baroque du Jura bernois, on a tour à tour prié, fabriqué des montres, brassé de la bière, soufflé du verre, soigné des malades mentaux, exposé de l’art. Du 21 au 30 août, Les battements de l’abbatiale questionnent le son, sa profondeur, son pouvoir, dans l’une des séries de concerts les plus passionnantes de l’été.
Impossible de choisir entre les sept récitals programmés par le duo Julien Annoni et Carine Zuber, alors rapide revue des troupes. Le 21 août à 20h, le pianiste Malcolm Braff explore un orgue ressuscité. Après la Révolution, les troupes françaises désacralisent et vident l’abbatiale – il faudra attendre 2008 pour que des facteurs reconstituent l’instrument selon les usages de l’époque. C’est la première fois que Braff s’attaque à un orgue. Ensuite, l’Ensemble Contrechamps explore des pièces de Pärt, Holliger et Szlavnics.


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