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La cybersécurité au Cameroun prend une tournure inquiétante avec l’entrée en scène directe de Moscou dans nos réseaux sensibles. L’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) s’est associée à l’ambassade de Russie et à l’éditeur Kaspersky lors d’un forum ouvert hier à Yaoundé. Face à un préjudice record de 5,8 milliards de FCFA causé par les cyberattaques en 2025, l’État choisit de confier la protection de ses données stratégiques à une puissance étrangère elle-même accusée d’espionnage informatique à l’échelle planétaire.
Des failles administratives béantes livrées à un allié encombrant
Les chiffres présentés par l’Antic révèlent l’ampleur du naufrage sécuritaire de notre administration. Plus de 17 500 plaintes ont été enregistrées en 2025, 21 280 machines compromises et 39 attaques directes ont frappé les portails officiels. L’ingénieur Lawrence Mingo a même dévoilé le cas d’un ministère paralysé pendant près d’un mois en mars 2026 à cause d’un banal serveur Windows jamais mis à jour. C’est simple. Au lieu de former ses propres techniciens ou d’imposer des règles basiques d’hygiène numérique, le gouvernement préfère dérouler le tapis rouge aux logiciels russes pour combler les 5 369 vulnérabilités détectées sur environ 150 sites publics.
Dépendance technologique et menaces sur les données sensibles
Ouvrir le cœur de nos systèmes informatiques à Kaspersky sous le parrainage diplomatique russe expose nos institutions à des vulnérabilités géopolitiques majeures. Sergey Kozlov vante des solutions automatisées miracles, mais intégrer ces outils dans les ministères et les forces de défense crée une dépendance technique totale envers un pays sous embargo occidental sévère.
Franchement, comment peut-on prétendre protéger notre souveraineté en tendant les clés de nos serveurs à une puissance étrangère ?
Pourtant, personne ne s’y est vraiment opposé dans les couloirs du forum. Cette fuite en avant technologique fait peser une menace directe sur la confidentialité des correspondances d’État et des données personnelles des citoyens. Rien ne garantit à ce stade que ces solutions ne serviront pas de portes dérobées pour des opérations d’influence étrangère ou de surveillance politique ciblée en territoire camerounais. Difficile de ne pas y voir une naïveté coupable face aux réalités de la guerre cybernétique mondiale contemporaine.
Déléguer la défense de ses infrastructures numériques à des intérêts étrangers n’a jamais garanti la sécurité nationale d’un pays. Le Cameroun s’enferme dans une alliance risquée qui fragilise son indépendance numérique sur le long terme.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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