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Aller aux pommes, ce n’est pas une activité commune sur la Côte-Nord, mais cela pourrait changer. Les changements climatiques pourraient rendre avantageuse la culture de ce fruit dans la région, selon un agronome, mais pas sans défis.
À Ragueneau, la ferme Les Jardins de Carmanor prévoit cultiver davantage de pommes dans les prochaines années afin de permettre plus d’autocueillette. Le propriétaire, Steve Berthiaume, explique que ses pommiers résistent bien au froid, malgré une production plus décevante cette année en raison d’une moins bonne pollinisation, entre autres.
Un autre producteur de pommes de la région, le verger Pointe-au-Pommes à Pointe-aux-Outardes, a lui aussi connu une saison difficile. Le propriétaire, Frédéric Dallaire, n'a pu récolter que 25 % de sa production de l’an passé, pour des raisons qui lui sont inconnues. Il ne souhaite donc pas pour sa part développer davantage cette culture.

Le propriétaire de la ferme Les Jardins de Carmanor, Steve Berthiaume, projette aussi à moyen terme de développer la transformation locale des pommes.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Plus optimiste, le propriétaire des Jardins de Carmanor constate que le principal défi est de sélectionner les bonnes variétés de pommiers, car les plus communs dans le sud du Québec résistent moins aux grands froids nord-côtiers. C’est impossible, les branches et les bourgeons vont geler et l’arbre va mourir , explique Steve Berthiaume.
Ici, nos arbres sont capables de résister à des températures de -35 °C sans problème.
Pour le producteur, les changements climatiques représentent une occasion à court terme de cultiver des variétés qui ne poussaient pas auparavant sur la Côte-Nord.
L'Union des producteurs agricoles (UPA) y voit également une opportunité pour les années à venir. Le président de la fédération de l'UPA Capitale-Nationale–Côte-Nord, Yves Laurencelle, affirme que la saison de croissance des plantes est beaucoup plus longue qu’elle ne l'était. En 33 ans, on a quasiment gagné huit semaines. Le printemps est beaucoup plus hâtif et les arbres fruitiers ont le temps de faire leurs fleurs, explique-t-il.

Yves Laurencelle rappelle que la météo est l'enjeu premier de l'agriculture au Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Philippe Kirouac
L’agronome et biologiste Louis Drainville, qui observe aussi que le climat devient de plus en plus tempéré, surtout en hiver, ne croit pas que ce type de culture se fasse sans défis. Les gels au printemps représentent un grand risque. Ils sont plus fréquents sur la Côte-Nord comparativement au Bas-Saint-Laurent, qui est réchauffé par le fleuve.

Steve Berthiaume souligne qu'un autre défi de la Côte-Nord est la saperde du pommier, un insecte dont la larve creuse des galeries dans le bas du tronc et affaiblit l'arbre.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
L’agronome insiste sur le fait que les sols sablonneux de la Côte-Nord représentent aussi un défi pour les agriculteurs. Le sable a moins de capacité à retenir la matière organique et les nutriments nécessaires à la culture. Il faut donc que le producteur travaille bien ses sols en amont.

Louis Drainville, agronome et biologiste, est président-directeur général de la ferme expérimentale Terre-Eau, situé à Saint-Joseph-de-Lepage, au sud de Mont-Joli, au Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse
Un bon travail du sol va entraîner une bonne culture et de bons résultats, précise Louis Drainville.


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