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Au beau milieu de son procès pour avoir agressé sexuellement une adolescente pendant des années, Dominique Laroche aurait invectivé la victime en sortant du palais de justice.
Il aurait lancé : « Prends ton temps, crisse de grosse vache », a témoigné le constable spécial qui a procédé à son arrestation.
L'ex-athlète, qui n'avait pas le droit de communiquer avec la plaignante pendant les procédures judiciaires, a subi son procès pour bris d'engagement jeudi. Il assure que s'il a blasphémé en se dirigeant vers la sortie du palais, c'était en se parlant à lui-même.

Dominique Laroche
Photo : Radio-Canada
Les faits remontent au 3 mars 2025, jour où Laroche a témoigné toute la journée au palais de justice de Québec pour sa défense. Alors qu'il se rend vers la seule sortie, la victime et sa sœur, qui se dirigent dans la même direction, décident de bifurquer pour l'éviter et d'attendre derrière un mur.
Quand la victime penche la tête pour voir si la voie est libre, elle croise le regard de son agresseur. La jeune femme a témoigné l'avoir entendu dire d'un ton fâché : Prends ton temps, tabernacle, même si elle n'est pas certaine des paroles exactes.
Le constable spécial Oscar Morera, qui travaillait près des arches de sécurité, a entendu l'insulte. L'agent a précisé que l'ex-skieur, qui se trouvait à moins de deux mètres de lui, parlait d'un ton fort en gardant la tête tournée vers la plaignante. L'accusé a assuré qu'il se parlait à lui-même en regardant droit devant.
Le constable, qui a par la suite transcrit dans son rapport d'événement les paroles exactes qu'il avait entendues, a confirmé que Laroche avait collaboré après son arrestation.
La version de Laroche
Témoignant pour sa défense, Dominique Laroche a nié avoir voulu s'adresser à la plaignante. J'étais fatigué, brûlé, épuisé, a-t-il assuré, au terme d'une dure journée à la barre des témoins.
J'ai dit : "lâche-moi, c'est assez, lâche-moi", en se parlant à lui-même, jure-t-il aujourd'hui. Le procureur de la Couronne, Me Louis Durand Bluteau, a toutefois confronté l'homme de 66 ans à sa déclaration écrite faite tout juste après son arrestation. Laroche y affirmait avoir plutôt dit : Lâche-moi, crisse de sale.
Vous ne vous dites pas à vous-même : "crisse de sale", a lancé le procureur. C'est votre interprétation, moi je m'adressais à moi, a rétorqué Laroche.
En plaidoirie, Me Durand Bluteau a fait valoir que la version de Laroche est contraire au bon sens et que le témoignage indépendant du constable spécial pesait lourd dans la preuve.
Pour l'avocate de la défense, Me Mélissa Lessard, l'état de fatigue extrême de l'accusé et la confusion entourant les mots exacts prononcés devraient soulever un doute raisonnable quant à sa réelle intention de communiquer avec la plaignante.
Le juge Sébastien Proulx a mis la cause en délibéré et rendra sa décision en janvier 2027. Dans l'intervalle, Dominique Laroche doit recevoir sa sentence dans son dossier principal d'agressions sexuelles, où le DPCP réclame 12 ans de pénitencier.


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