«Je sais que nous avons commis des erreurs. De nombreuses injustices sociales restent à corriger, particulièrement en ce qui concerne les services publics et le logement. Pour ce faire […] nous avons besoin d’une majorité progressiste beaucoup plus ample.» C’est sur un ton solennel que Pedro Sánchez s’est incliné ce lundi matin devant la solution que lui ont recommandée ses ministres et nombre de barons socialistes tout au long du week-end: anticiper un scrutin décisif qui était prévu neuf mois plus tard. Même si cette initiative était attendue, le chef du gouvernement espagnol à la tête d’une courte et précaire majorité au parlement joue là son va-tout.
Confronté à une crise migratoire sans précédent à Ceuta, éclaboussé par des scandales de corruption qui touchent certains de ses proches, Pedro Sánchez fait le pari que ce rendez-vous électoral peut ressusciter une gauche affaiblie et très fragmentée. Tout comme il l’avait fait pour les législatives anticipées de juillet 2023 lorsque, malgré une droite conquérante, il était parvenu à consolider un gouvernement de coalition grâce à son alliance stratégique avec les nationalistes catalans. «Il tente d’être fidèle à sa légende de résistant à toute épreuve, confie Fernando Berlin, analyste politique et directeur de radiocable.com. Aujourd’hui, plus que jamais, il met sur la table tout son capital politique.»


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