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Une conductrice alcoolisée a été condamnée à huit mois de prison avec sursis pour avoir renversé un enfant sur un trottoir à Merdrignac (Côtes-d’Armor) en mai 2026.
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Par Rédaction Loudéac Publié le 15 oct. 2026 à 21h53
Une dame de 43 ans, qui se trouve être la femme d’un maire du pays de Loudéac (Côtes-d’Armor), était appelée à répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, jeudi 15 octobre 2026.
Pour cette affaire, la petite salle d’audience du tribunal était comble.
Des soutiens des deux parties avaient fait le déplacement.
Le 1er mai 2026 à Merdrignac, la prévenue avait pris le volant après avoir consommé plusieurs bières.
Au terrain des sports de Merdrignac, un club de football local fête ses 100 ans. Beaucoup de monde est présent.
Un peu avant seize heures, la fille de la prévenue ne se sent pas bien et demande à être ramenée chez elle. La maman prend alors le volant, malgré sa consommation d’alcool.
C’est là que le drame survient.
L’enfant est projeté en avant
Pour une raison inconnue, la voiture de la conductrice monte sur le trottoir et percute par l’arrière un enfant de neuf ans.
Le frère et la mère de celui-ci assistent à la scène. Le garçon est projeté de plusieurs mètres en avant. Il en perd ses chaussures et ses lunettes. La maman hurle. Elle reconnaît la conductrice.
Cette dernière poursuit son chemin, malgré les appels de phares et coups de klaxon d’un autre conducteur arrivant face à elle, dont les occupants ont été les témoins directs de l’accident.
Ce conducteur dépose d’ailleurs son épouse, infirmière, afin qu’elle apporte les premiers secours à l’enfant. Puis il fait demi-tour et poursuit le chauffard jusqu’à son domicile, tout en appelant les gendarmes.
Il continue de se signaler par des appels de phares et klaxon, en vain.
Interpellée à son domicile
Grâce à ces renseignements, les gendarmes arrivent au domicile de la conductrice qui leur déclare immédiatement : « Je n’ai rien fait ».
Interpellée et placée en garde à vue, son taux d’alcoolémie avoisine les deux grammes.
Elle reconnaît avoir bien vu un conducteur qui la suivait mais elle ne s’est pas arrêtée par peur.
Double fracture à une jambe et traumatisme crânien
Quant au jeune garçon, il souffre d’un traumatisme crânien et d’une fracture du tibia et de la malléole de la jambe gauche.
La conductrice déclare aux enquêteurs ne pas avoir de souvenir d’un accident.
Devant le tribunal, elle confirme ses déclarations, tout en précisant qu’à la lecture de la procédure, elle ne peut que reconnaître sa responsabilité. En revanche, n’ayant pas conscience d’avoir causé un accident, elle pense ne pas s’être rendue coupable d’un délit de fuite.
Elle précise qu’elle a, par le passé, perdu un enfant, qu’elle connaît la douleur et la souffrance que cela entraîne,
Jamais je n’aurai laissé un enfant sur le bord de la route !
Une mère déterminée pour obtenir justice pour son fils
La mère de la victime prend la parole à son tour. Elle a préparé une lettre qu’elle lit devant le tribunal, non sans émotion.
Elle relate la peur indescriptible qu’elle a ressentie à l’idée de perdre son enfant. Elle déplore n’avoir jamais reçu d’excuses de la part de la prévenue.
Pourtant les probabilités qu’elles se croisent sont nombreuses, leurs enfants sont scolarisés dans la même école. Cette maman tient à ce que la gravité des faits soit reconnue.
« Elle a joué à la roulette russe »
Lorsque le ministère public prend la parole, c’est d’abord pour évoquer le comportement irresponsable de la prévenue. Un comportement fautif particulièrement grave : « Elle a joué à la roulette russe » assène cette magistrate. Elle requiert une peine de six mois de prison avec sursis.
Après avoir délibéré, le tribunal condamne la prévenue à huit mois d’emprisonnement avec sursis et au suivi d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Son permis de conduire est annulé et elle ne pourra le repasser qu’après un délai de huit mois.
Le tribunal donne suite à la demande de l’avocate de la défense : cette condamnation ne fera pas l’objet d’une inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire de la conductrice.
Une expertise médicale est ordonnée afin de chiffrer avec exactitude le préjudice du jeune garçon.
Dans l’attente de l’audience pour intérêts civils, qui est fixée au 19 février 2027, la prévenue devra verser à la victime une provision de 3 000 euros ainsi que 1 500 euros pour ses frais d’avocat.
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