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Contre « l’immigration pour le travail », Ruffin répond aux critiques en citant Blum, Jaurès et Mélenchon

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Le député de la Somme a été accusé par la gauche, insoumise et écologiste, de « convoquer les sujets de l’extrême droite ». Il s’en défend.

EN BREF François Ruffin, député de la Somme, défend sa position contre « l’immigration pour le travail », malgré les critiques de la gauche et des écologistes.
Il insiste sur l’accueil des personnes présentes en France tout en critiquant l’importation massive de main-d’œuvre étrangère, notamment dans le secteur médical.
Ruffin affirme que sa position s’inscrit dans une tradition de gauche, rejetant l’idée de « préférence nationale » et critiquant le Medef pour ses politiques d’immigration.

Rien à changer. Le député de la Somme François Ruffin, candidat pour 2027, est contre « l’immigration pour le travail ». Et en dépit des critiques venant des bancs de ses anciens collègues insoumis ou de ses nouveaux écologistes, il reste sur sa position qui, assure-t-il, s’inscrit dans une « grande tradition » à gauche, portée y compris par Jean-Luc Mélenchon.

« Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère », a redit François Ruffin, invité de BFMTV/RMC ce vendredi 1er mai. Quelques jours plus tôt, le député s’était dit « hostile à l’immigration pour le travail ». Il avait pris l’exemple de l’hôpital et déploré que le système de santé repose en grande partie sur « des médecins algériens, tunisiens, roumains. »

Cette position, pourtant pas nouvelle chez l’élu de la Somme, lui avait valu d’être accusé de reprendre la rhétorique de l’extrême droite. « Je suis en colère quand il dit ça, parce qu’il convoque de lui-même les sujets de l’extrême droite », a encore tancé sur Sud Radio ce vendredi la cheffe des Écologistes et elle aussi candidate en 2027 Marine Tondelier. Quelques jours plutôt, la députée PCF Elsa Faucillon tenait une ligne similaire. « Les étrangers ne volent pas le travail des Français, ils occupent majoritairement des postes pénibles délaissés par les Français. (...) Laisser prospérer cette idée c’est ouvrir la porte à la “préférence nationale” chère au Rassemblement national », avait-elle écrit sur Instagram.

Ruffin répond en citant Jaurès, Blum… et Mélenchon

Sur BFMTV, François Ruffin a redit son souhait que « tous les gens qui sont dans notre pays, qu’ils aient des papiers ou n’en aient pas, puissent être accueillis comme il faut, sur le logement, la langue, l’école pour leur enfant et le travail. » « Je dis que je veux l’accueil plein et entier pour les personnes qui se trouvent sur le territoire français », a-t-il martelé, à rebours des positions de l’extrême droite.

Pour autant, il ne juge pas « normal » que « la France ne forme pas ses propres médecins (et) aille quelque part piller des talents sur lesquels des gouvernements à l’étranger ont investi temps et argent ». « Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère, que programme par exemple le Medef » qu’il accuse dans une note de blog de souhaiter, pour de mauvaises raisons, l’importation de millions de travailleurs immigrés, notamment dans le secteur de l’accompagnement aux personnes âgées.

Cette ligne, assure-t-il, n’est pas nouvelle à gauche. « Je m’inscris dans une tradition qui estime que tous ceux qui sont sur le territoire français ont leur place, doivent pouvoir travailler à la fois pour eux-mêmes et pour produire pour notre pays. Mais on ne doit pas aller chercher les talents à l’étranger pour les utiliser chez nous », exprime-t-il, citant Léon Blum et Jean Jaurès pour prouver son ancrage.

Et l’élu picard de prendre un exemple plus récent, non dénué d’une certaine ironie. « Qui disait “Nous disons honte à ceux qui organisent l’immigration par les traiter de libre-échange et qui l’utilisent pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux” ? C’était Jean-Luc Mélenchon en 2018 », a taclé l’ancien élu LFI qui était, avant de rompre avec le mouvement, donné comme un possible candidat du mouvement en vue d’une présidentielle.

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