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Publié le 06/03/2026 08:56
Temps de lecture : 5min - vidéo : 8min
Nathalie Loiseau, députée européenne du groupe Renew, était l’invitée des 4 Vérités sur France 2, vendredi 6 mars. Elle est revenue sur la guerre au Moyen-Orient, six jours après le début des frappes israélo-américaines, et la situation au Liban.
Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
Jeff Wittenberg : "Je suis très inquiète de cette guerre qui a été commencée sans savoir comment elle va se terminer". Ce sont vos mots, Nathalie Loiseau. Est-ce que cette inquiétude se renforce, se concrétise au fil des heures alors que rien ne semble indiquer une inflexion dans ce conflit qui a été lancé depuis six jours par les États-Unis et Israël contre l'Iran ?
Nathalie Loiseau : On voit des moyens considérables qui sont déployés, mais on n'est pas sûr de voir une stratégie. Et c'est ça qui est inquiétant. On ne sait pas exactement à quel moment Donald Trump dira, finalement, que c'est bon. Est-ce qu'il veut véritablement abattre le régime iranien ? Est-ce qu'il en a la possibilité ? On le souhaite tous. Soyons clairs, tout le monde voudrait voir ce régime tomber.
Est-ce la bonne façon de le faire tomber selon vous ?
Est-ce que c'est une guerre de haute intensité qui le permet ? Je ne sais pas et je ne suis pas sûre que Donald Trump le sache. Autant si je suis israélien, je me dis que c'est une menace existentielle pour moi, et je veux aller contre l'Iran. Autant si je suis américain, c'est moins clair. Et quand on est libanais, quand on est arabe de la région du Golfe ou quand on est européen, on a énormément de raisons de s'inquiéter.
De ce que vous savez, à votre place au sein du Parlement européen, est-ce que l'Iran peut tenir longtemps avec son armement, avec notamment ses fameux drones Shahed qu'elle fournit par centaines, qui sont de bas coûts mais d'une efficacité redoutable ?
La difficulté, c'est que, pour abattre ces drones, les États-Unis et Israël utilisent des matériels qui, eux, sont très coûteux. Alors, on parle de l'armée américaine, qui est une armée ultra-puissante, mais on a entendu Donald Trump dire tout et son contraire. Il y a quelques jours, il disait : "Je n'ai pas peur d'envoyer des hommes sur le terrain". Hier, il a dit : "Je ne les enverrai pas, ce serait une perte de temps". Il crée de l'incertitude stratégique pour son adversaire, c'est de bonne guerre, mais on n'est pas tout à fait sûr qu'on n'ait pas une guerre entre les mains d'un apprenti sorcier.
Que doit faire l'Europe dans ce contexte ? Pour l'instant, elle s'est contentée d'être spectatrice. Elle a d'ailleurs des avis différents. L'Espagne, par exemple, n'a pas autorisé les États-Unis à débarquer sur ses bases, alors que l'Allemagne soutient cette offensive. La France est un peu entre les deux. Qu'est-ce que doit faire l'Europe ? Est-ce qu'elle doit parler d'une seule voix ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
D'abord, rappelez-vous de 2003 et de la guerre d'invasion américaine en Irak. L'Europe était vraiment divisée. Vous aviez des pays européens qui participaient à la guerre américaine. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Personne ne participe et je dirais à juste titre. En Europe, on ne fait pas de guerre quand on n'est pas obligé de les faire. Et en Europe, on n'est pas des apprentis sorciers parce que l'Europe s'est construite dans le rejet de la guerre. Et heureusement. Je crois qu'aucun citoyen en Europe ne nous demande de faire la guerre à l'Iran. Le monde entier est spectateur. Donald Trump n'a prévenu ni le Congrès des États-Unis, ni le Conseil de sécurité de l'ONU. Le monde entier constate et je parlais récemment à un responsable saoudien qui me disait : "ce sont eux qui cassent et c'est nous qui devrons réparer".
Est-ce que, par exemple, vous approuvez ce que fait la France, à savoir notamment d'envoyer le porte-avions Charles de Gaulle ? La ministre des Armées était sur France 2, hier soir, expliquant le rôle du porte-avions et l'aide que nous devons apporter à nos pays alliés dans la région. Que doit faire la France et notamment au Liban où nous avons des accords particuliers et où le sud du pays est pilonné par l'armée israélienne ?
D'abord, on va commencer par Chypre, parce que Chypre est un pays de l'Union européenne qui a été visé une première fois par l'Iran par un tir de missile. Chypre est dans l'Union européenne, mais pas dans l'OTAN. Donc plusieurs pays, dont la France, viennent en protection de Chypre et nous avons raison. Nous avons aussi des accords avec le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, et nous les aidons à se défendre. Ça ne veut pas dire pour autant que nous sommes offensifs, que nous sommes cobelligérants. Il faut que La France insoumise (LFI) arrête de raconter n'importe quoi sur la politique internationale avec cette volonté de créer de la peur et du chaos. Non, nous ne sommes pas cobelligérants, mais nous aidons nos alliés à se protéger. Et bien sûr, au Liban, la crainte que nous avons et ce que nous constatons, c'est que Benjamin Netanyahou utilise à nouveau le Liban comme une espèce de terrain de confrontation avec le Hezbollah, avec l'Iran. Il faut convaincre les Israéliens de ne pas entrer par la voie terrestre au Liban. Le Liban allait mieux et cette guerre le fait replonger dans l'horreur.
Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


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