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En France, un retour de la consigne loin d'atteindre les objectifs gouvernementaux

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La France produit plus de 340 millions de tonnes de déchets chaque année, certains sont recyclés, d'autres brûlés et beaucoup finissent dans la nature et polluent notre environnement. Pour réduire cette pollution, la loi française mise notamment sur le retour de la consigne en verre, plus économique et plus écologique, une consigne qui avait disparu dans les années 1960 au profit du plastique jetable notamment. Depuis un an, une expérimentation est menée dans l'ouest du pays pour la relancer, c'est le projet ReUse, avec l'objectif de la généraliser et d'atteindre 10 % d'emballages consignés dès l'année prochaine sur tout le territoire. 

Dans un Super U de Nantes depuis un an, c'est une discrète révolution dans les rayons. L'emballage de quelques produits est désormais consigné. Lorsqu'un client achète certaines eaux, un jus de pomme ou une soupe de poisson, il paye un petit supplément, entre 0,10 et 0,20 € par produit. Il peut ensuite rapporter les bouteilles vides et récupérer cette consigne. « Une à deux fois par semaine, j'ai des bouteilles que je redépose ici. Tout n'est pas encore dans des emballages réutilisables, donc je ne peux pas faire ça systématiquement, regrette Carina Rabanelli, une cliente régulière. Mais une fois qu'on prend le réflexe, ça rentre vite dans le quotidien. » Pour cette cliente, les raisons d'utiliser la consigne sont multiples : « On le fait par souci de moins consommer, par souci pour la planète, par souci pour nos enfants. »

À l'entrée du magasin, une grosse machine violette avale les bouteilles vides qu'elle rapporte et lui rend le montant de la consigne, soit par virement bancaire, soit en bon d'achat. Mais dans le magasin, seulement une quinzaine de produits sont consignés sur 40 000 vendus. Et si la majorité des clients rencontrés ce jour-là semblent intéressés par le principe, ils n'ont jamais remarqué le dispositif ou ne se sont jamais lancés. « Si ça peut être un modèle plus écologique et qui fonctionne, pourquoi pas ?, concède un client. Et je pense que j'essaierai à l'occasion. »

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Obliger les industriels à coopérer

Les bouteilles collectées au supermarché sont ensuite acheminées dans une usine de lavage. Les bouteilles passent dans une immense machine à laver, puis elles sont séchées et un système de caméra vérifie qu'elles sont intactes avant d'être réempilées en palettes, prêtes à retourner dans le système. Comme le verre est un matériau très résistant, une bouteille peut être réutilisée jusqu'à 50 fois. « Quand on fabrique une bouteille en verre, il faut chauffer du sable et du calsyn à 1 500 degrés pendant 24 h, explique Yann Priou, le directeur général de l'usine Bout' à Bout'. Ça consomme beaucoup, beaucoup d'énergie. Et entre refabriquer une bouteille en verre neuve et laver une bouteille, c'est 80 % d'énergie en moins, donc 80 % de CO₂ en moins. Et en ce moment, le fait de réduire nos émissions de CO₂, c'est quand même un des enjeux majeurs. Et ça paraît contre-intuitif, mais laver une bouteille en verre, ça consomme moins d'eau que d'en refabriquer une nouvelle. Ça consomme à peu près deux fois moins d'eau. »

Mais au bout d'un an, seulement un quart des bouteilles vendues ont été retournées et réemployées. Pourtant, dans son usine, Yann Priou a la capacité d'en laver beaucoup plus. « Non, les chiffres ne sont clairement pas au niveau des objectifs initiaux. Là où on a un vrai sujet, c'est de pouvoir augmenter les volumes et développer la filière, souligne-t-il. Parce que, à grande échelle, le réemploi coûte moins cher que le recyclage. »

Mais bien trop peu de produits sont consignés dans les supermarchés. Ils sont parfois plus chers et mal exposés. Ce qu'il faut, c'est surtout obliger les industriels à coopérer, plaide Bastien Faure, directeur de l'ONG Zero Waste France, alors que pour l'instant, on compte sur leur bonne volonté. « Coca, Nestlé, Danone... ces industriels ont leur modèle économique, il est basé sur de l'emballage jetable. Le réemploi vient directement en contradiction avec ça, dénonce-t-il. Et leur demander de volontairement développer une filière de réemploi qui vient renier leurs marges, qui vient s'attaquer à leur modèle même, c'est illusoire de s'attendre à ce qu'ils le fassent volontairement. »

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L'expérimentation de la consigne dans l'ouest du pays a eu le mérite de montrer que le système fonctionne. C'est un pas de géant, mais encore insuffisant pour atteindre l'objectif fixé par la loi. Atteindre 10 % de consigne en 2027, on est aujourd'hui à moins de 2 %.

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