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Le président américain a été cité des milliers de fois dans la nouvelle salve de documents liés à Jeffrey Epstein, publiés en fin de semaine dernière.

SAUL LOEB / AFP
Donald Trump, ici dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 2 février 2026.
EN BREF • Les nouveaux documents Epstein mentionnent Trump plus de 38 000 fois, mais « confirment » des informations déjà connues selon le New York Times.
• Depuis la publication de cette nouvelle salve, Donald Trump s’est contenté de minimiser (encore) ses liens avec Epstein et d’attaquer un journaliste en particulier : Michael Wolff.
• Les démocrates, eux, s’intéressent aux documents manquants, affirmant que trois millions d’autres pages manquent encore à l’appel.
Depuis la révélation en fin de semaine dernière de trois millions de nouvelles pages - dont 2 000 vidéos et 180 000 images - dans le dossier Epstein, il est intéressant d’observer comment Donald Trump a traversé les jours qui ont suivi, lui qui est cité plusieurs milliers de fois dans ces nouveaux documents. Grâce à un outil de recherche exclusif, le New York Times y a ainsi identifié plus de 5 300 fichiers contenant plus de 38 000 références au président américain, à son épouse, à son club Mar-a-Lago en Floride, ainsi qu’à d’autres mots et expressions connexes.
Les documents fraîchement diffusés contiennent notamment une liste établie par le FBI, la police fédérale américaine, d’allégations d’agressions sexuelles liées au président Donald Trump, dont beaucoup provenaient d’appels anonymes et d’informations non vérifiées. Ces allégations, obtenues pour certaines via des sources indirectes, ont été transmises par téléphone ou bien par voie électronique au Centre national de gestion des menaces du FBI. Il est suggéré que les enquêteurs ont donné suite à certaines de ces informations. D’autres en revanche ont été jugées peu crédibles.
Par ailleurs, la majorité des documents « confirment » des informations déjà connues, selon le New York Times : des photographies communes, des articles de presse conservés par Jeffrey Epstein ou des références à la lettre écrite par Donald Trump en 2003 pour l’anniversaire du financier, dont le président a nié être l’auteur. Si aucun échange direct entre Trump et Epstein ne figure dans ces documents, les archives montrent aussi que le criminel sexuel continuait à s’intéresser de près à l’ascension politique de son ancien ami après la fin de leur relation.
Le journaliste Michael Wolff pris pour cible
Après la publication de ces nouveaux documents, Donald Trump s’est fendu d’un message vindicatif sur Truth Social, minimisant ses liens passés avec Jeffrey Epstein et s’attaquant à un journaliste.
« Non seulement je n’étais pas ami avec Jeffrey Epstein, mais, d’après les informations qui viennent d’être publiées par le ministère de la Justice, Epstein et un auteur menteur et véreux du nom de Michael Wolff ont conspiré pour me nuire et/ou nuire à ma présidence », écrivait-il, avant de poursuivre : « voilà qui met fin aux espoirs tenaces de la gauche radicale, dont certains membres feront l’objet de poursuites judiciaires. De plus, contrairement à tant de gens qui aiment proférer des injures, je ne suis jamais allé sur l’île d’Epstein, pourtant infestée. En revanche, la quasi-totalité de ces démocrates corrompus, ainsi que leurs donateurs, y sont allés. »
Si Donald Trump cible à ce point Michael Wolff, c’est car cet écrivain et journaliste a écrit quatre livres à son sujet, dont l’explosif Fire and Fury : Inside the Trump White House, qui relatait en 2018 la première année du premier mandat du président en des termes peu flatteurs pour lui. Surtout, Michael Wolff s’était particulièrement rapproché de Jeffrey Epstein, au point que ce dernier avait accepté de se confier auprès de lui lors d’une série d’entretiens, au total pendant une centaine d’heures d’enregistrements, retrace Le Parisien.
Devant des journalistes, Donald Trump en avait remis une couche sur le journaliste ce week-end à bord d’Air Force One lors d’un vol vers Palm Beach. « Il semble que ce type, Wolff, un écrivain, ait conspiré avec Epstein pour me nuire. Je ne l’ai pas constaté moi-même, mais des personnes très importantes m’ont affirmé que non seulement cela me disculpe, mais que c’est même le contraire de ce qu’espéraient certains, notamment la gauche radicale, à savoir que Wolff, un écrivain de troisième ordre, avait conspiré avec Jeffrey Epstein pour me nuire, politiquement ou autrement. Et cela a été plus que clair », a-t-il lâché, avant d’ajouter qu’il envisageait de poursuivre en justice Michael Wolff.
Les démocrates focalisés sur les derniers documents manquants
Ce dernier s’est défendu, sur un ton bravache, auprès du Daily Beast : « c’est la troisième ou quatrième fois que les Trump menacent de me poursuivre en justice. Jusqu’à présent, cela n’a fait que me pousser à les poursuivre de mon côté. Alors, qu’ils viennent ! Poursuivons-nous mutuellement ! Je n’ai rien à cacher, mais les Trump, eux, certainement. »
Le ministre adjoint de la Justice, Todd Blanche, a de son côté minimisé l’importance accordée à Donald Trump dans les nouveaux documents, faisant remarquer que bon nombre des allégations le concernant provenaient de signalements anonymes ou de sources non vérifiables. « Il s’avère qu’il y a eu un certain nombre de déclarations faites soit par des personnes anonymes, soit par quelqu’un qui appelait et disait : “j’avais un colocataire qui m’a raconté une histoire sensationnelle.” Évidemment, ce n’est pas quelque chose qui peut vraiment faire l’objet d’une enquête, n’est-ce pas ? “Comment s’appelait votre colocataire ? Je ne me souviens plus.” Voilà de quoi il s’agit », a-t-il évacué auprès de CNN.
Lundi sur Fox News, Todd Blanche a aussi reconnu que certains des hommes mentionnés dans les dossiers Epstein avaient peut-être commis des actes horribles et que le ministère de la Justice engagerait des poursuites s’il disposait de preuves. « Mais c’est aussi le genre de chose que les Américains doivent comprendre : faire la fête avec M. Epstein n’est pas un crime », a-t-il contrebalancé, une déclaration loin d’être passée inaperçue outre-Atlantique.
Par ailleurs, le président américain a réussi à passer personnellement entre les balles du camp démocrate, certains élus de la Chambre des représentants, lors de leurs commentaires, se concentrant essentiellement sur les documents encore manquants à l’appel dans la nouvelle salve. « N’oubliez pas qu’ils ont affirmé qu’il y avait six millions de documents potentiellement pertinents. Ils n’en ont publié que trois millions, dont plus de 10 000 ont été expurgés », s’est ainsi ému le représentant démocrate du Maryland Jamie Raskin.


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