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Life 07/02/2026 08:40
Si la présence des enfants dans les TGV et autres trains grandes lignes fait débat, ce ne sont pas eux qui posent le plus de problème à bord, selon les experts interrogés par « Le HuffPost ».

YANN CASTANIER / Hans Lucas via AFP
Comment ne pas être un connard dans le train, selon ces voyageurs invétérés (photo d’illustration dans un TGV en 2018)
EN BREF • Alors que le « No Kids » dans les trains fait polémique, les nuisances sont en fait aussi et souvent causées par les adultes.
• Ces habitués du train pointent les odeurs, le bruit ou encore l’occupation de l’espace commun.
• Ils ont un conseil : exprimer calmement son agacement sans attendre afin de maintenir une bonne ambiance.
Un faux problème ? L’offre « Optimum » annoncée par la SNCF a (re)lancé la polémique autour de la présence des enfants dans l’espace public. « Mais la quasi-totalité des comportements problématiques à bord concerne les adultes ! », épingle Bruno Maltor, influenceur voyages aux près de 850 000 abonnés sur Instagram, auprès du HuffPost.
En tant qu’adulte attaché au savoir-vivre, quelles sont les règles de base pour respecter ses voisins de TGV ou de tout train longue distance ? Nous avons interrogé plusieurs spécialistes de la question, ainsi que des voyageurs plus occasionnels. Et sans surprise, le type de nuisance le plus désagréable à bord concerne le bruit.
« Honnêtement, répondre au téléphone depuis sa place, c’est un carton rouge ! Au Japon, j’ai pris le Shinkansen et j’ai été impressionné de voir que tous les voyageurs attendaient d’être sur la plateforme entre les voitures pour décrocher, même pour un appel important », se souvient Bruno Maltor.
Tapage passager
À mille lieues de cette attention portée à son entourage, « il y a parfois des gens en mode haut-parleur ! Mardi dernier, j’allais à Lille. Un homme très propre sur lui, visiblement cadre dans une grande entreprise, a lancé une visio sans écouteurs. J’hallucine et je comprends rapidement qu’il est en point avec son équipe… », nous raconte Nassira El Moaddem, journaliste et autrice d’Et si on rentrait au bled en train ?, paru en 2025 chez Gallimard. « Je vais le voir et je lui dis “Faut arrêter, c’est pas possible !” »
À bannir également pour le respect des autres voyageurs, les vidéos visionnées sans écouteurs, le bruit des touches sur son téléphone ou les jeux vidéo « avec le bruit des pièces qu’on récolte ! », souligne Bruno Maltor. « Et pour échanger ou parler fort avec ses amis, la voiture-bar, c’est pas mal. »
Cette voiture sera également idéale pour déguster le burger acheté dans une chaîne de fast-food avant d’embarquer ou la barquette de votre kebab préféré. Car les nuisances olfactives ne sont pas étrangères au train. Pour Judith, Parisienne de 39 ans, « manger des œufs durs » à son siège est « sans aucun doute » un faux pas. « Ça te contamine le wagon pour tout le trajet, ça fout la nausée ! », témoigne-t-elle.
Mais les odeurs gênantes ne se résument pas à la nourriture. Pensez au déodorant si nécessaire et, assurez-vous, avant d’enlever vos chaussures, que cela ne perturbera pas les narines d’autrui.
Respecter l’espace
Pas question « d’occuper l’espace commun comme si l’on était chez soi », note par ailleurs auprès du HuffPost Carmel Assa Kibambo, influenceuse spécialisée dans les bonnes manières, avec notamment 800 000 abonnés sur TikTok. « Le train reste un lieu partagé », souligne-t-elle.
La gestion de l’espace est en effet un point crucial dans un périmètre forcément contraint. Pas question, donc, de « mettre son coude sur tout l’accoudoir sur l’ensemble du trajet », comme le décrit Nassira El Moaddem, ou de transformer tout déplacement dans l’allée centrale en chemin de croix. « Je suis plutôt grand, si j’arrive à éviter aux autres passagers d’enjamber mes pieds, tout le monde doit pouvoir y arriver », pointe Bruno Maltor.
« J’ai pris le train tout à l’heure entre Paris et Bordeaux, et j’ai constaté qu’il y avait des voyageurs peu vigilants sur les bagages placés de façon peu sécurisés au-dessus des sièges », nous raconte le youtubeur Tolt – Benjamin Martinie dans le civil –, fondateur du média spécialisé Hourrail. La vigilance est également de mise pour éviter que les valises n’encombrent l’espace vélo ou ne gênent l’ouverture des portes.
Au-delà de ces nuisances relativement fréquentes, des comportements déplacés peuvent aussi mettre vos voisines et voisins de TGV particulièrement mal à l’aise. Jean-Christophe, Parisien de 40 ans qui se rend régulièrement dans le Sud-Est, se rappelle avec effroi d’un trajet en compagnie de personnes particulièrement irrespectueuses dans un carré : « Le point d’orgue a été lorsque la mère du bébé l’a changé sur le siège, la couche pleine, alors que l’espace dédié était à trois mètres ! »
Ne pas attendre l’agacement pour s’exprimer
Si votre voisin ou votre voisine a un comportement qui vous agace, Carmel Assa Kibambo conseille de ne pas traîner pour l’exprimer dans un ton « calme et poli ». « Attendre que l’agacement monte rend la remarque plus sèche », souligne celle qui a publié Splendide élégance : se distinguer grâce aux bonnes manières en octobre dernier aux éditions Robert Laffont. « Une phrase simple, dite avec le sourire, fonctionne souvent très bien. La majorité des gens ne cherchent pas à déranger, ils n’ont juste pas conscience de l’effet de leur comportement. »
De son côté, Tolt appelle aussi à faire preuve de compréhension dans les wagons. « Le train a justement l’avantage de permettre de bavarder ou de faire des rencontres spontanées. Il ne faut pas non plus que ça devienne le temps du silence ! L’effort doit être fait dans les deux sens et une personne qui veut être au calme peut écouter de la musique ou mettre des bouchons d’oreilles, par exemple. » Ne pas être un connard en train, c’est donc aussi, parfois, accepter les conneries des autres.


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